À quelques jours de la sortie de The Allfather Awakens, Amon Amarth entrouvre les portes du studio. Pour son treizième album, attendu le 2 octobre via Metal Blade Records, le groupe a travaillé pour la première fois avec Jacob Hansen et adopté une méthode limpide dans son principe, mais exigeante dans son exécution. Une chanson devait être entièrement achevée avant que la suivante ne prenne le relais.
De quoi permettre aux Suédois de traquer les détails, d’affiner leurs idées et de ciseler chaque morceau jusqu’au bout. Peut-être au détriment d’un peu de spontanéité ? C’est le revers possible d’un processus aussi méticuleux. Johan Hegg et Ted Lundström, eux, retiennent surtout des sessions remarquablement fluides avec Hansen.
Avec Jacob Hansen, une collaboration sans heurts
Dans une nouvelle interview accordée à Steve Harkins de TalkShopLive, Johan Hegg et Ted Lundström lèvent le voile sur la fabrication de The Allfather Awakens. Une première pour Amon Amarth avec Jacob Hansen aux commandes, et manifestement une collaboration dépourvue de frictions.
Le groupe avait néanmoins pris soin de préparer le terrain. Lors d’un jour de repos pendant une précédente tournée européenne, les musiciens sont allés rencontrer Hansen dans son studio au Danemark. Il s’agissait autant d’exposer leurs attentes que de sonder les idées que le producteur pouvait insuffler au disque.
« Il était vraiment très facile de travailler avec lui. Toute la session d’enregistrement s’est déroulée sans le moindre problème », raconte Lundström.
Hegg dépeint lui aussi un producteur attentif aux envies du groupe, mais capable de nourrir en retour la production de ses propres suggestions. L’association paraît d’autant plus judicieuse que les premiers morceaux de The Allfather Awakens ne laissent guère entrevoir une volonté de dynamiter la formule Amon Amarth. Hansen semble plutôt avoir été choisi pour en aiguiser les contours, en magnifier la puissance et soigner les finitions.
Une chanson, puis la suivante
C’est surtout dans l’architecture des sessions que les habitudes ont été bousculées. Finies les longues séries de prises où toutes les batteries sont enregistrées avant d’attaquer les guitares et le reste. Cette fois, Amon Amarth a progressé morceau après morceau.
L’album a même été scindé en deux sessions. Cinq ou six chansons à appréhender à la fois, pas davantage. Selon Lundström, ce découpage évitait l’embouteillage de riffs dans les esprits et permettait aux musiciens de consacrer toute leur attention à la composition du moment.
« Nous enregistrions un morceau à la fois : la batterie, la basse, les guitares, puis le chant. Cela permettait de travailler dans une ambiance assez détendue et de se concentrer à 100 % sur chaque chanson », explique-t-il.
La méthode possède ses vertus… et son revers. Amon Amarth pouvait ausculter chaque détail, reprendre une partie récalcitrante et polir l’ensemble à loisir. Une telle minutie peut émousser une part d’instinct ; elle promet en contrepartie des compositions davantage mûries et façonnées. Ici, la précision semble avoir pris le pas sur l’urgence.
Autre bénéfice, une chanson achevée pouvait décanter avant d’être réécoutée. Un passage convainc moins ? Un fill de batterie mérite d’être repensé ? Rien n’était encore gravé dans le marbre. Les sessions se sont déroulées au studio de Hansen au Danemark, une première fois au printemps 2025, puis jusqu’aux dernières prises achevées en mars 2026.
Odin, immuable fil rouge
Sur le terrain des textes, Amon Amarth ne brouille guère les pistes. Odin demeure au cœur de The Allfather Awakens, sans que le disque épouse pour autant les contours d’un véritable concept album.
« Je dirais que c’est un album thématique. La plupart des chansons, pas toutes, mais une grande partie, sont liées d’une manière ou d’une autre au dieu nordique Odin », explique Hegg. Mythologie et motifs historiques liés aux Vikings irriguent ainsi les différents récits.
Fallait-il vraiment attendre autre chose ? Cet imaginaire est depuis longtemps consubstantiel à l’identité d’Amon Amarth. L’enjeu n’est sans doute plus de s’en affranchir, mais d’en explorer de nouveaux replis sans ressasser éternellement les mêmes récits.
Du Amon Amarth pur jus… avec quelques chemins de traverse
À ce stade, les morceaux dévoilés esquissent un album solidement ancré dans la tradition du groupe. Eight Legs Of Thunder, inspiré de Sleipnir, comme Gjallarhorn, embrasse sans détour cette veine épique et musclée qu’Amon Amarth cultive depuis longtemps.
Et puis il y a Upphaf, première chanson acoustique de l’histoire d’Amon Amarth. Une véritable curiosité ! Jusqu’ici, difficile d’imaginer le groupe s’aventurer aussi franchement sur de telles terres. L’expérience ne renverse nullement son identité, mais entrouvre une porte que l’on pensait jusque-là fermée.
C’est peut-être dans cet interstice que The Allfather Awakens trouvera son relief. Nul besoin de métamorphoser Amon Amarth ; du death metal mélodique massif, des riffs aux racines old school et une production moderne constituent déjà un socle robuste. Quelques audaces savamment disséminées pourraient suffire à pimenter une formule que les Suédois connaissent désormais sur le bout des doigts.
Tracklist de The Allfather Awakens
- Gjallarhorn
- Eight Legs Of Thunder
- Kvasir’s Blood
- We Rule The Waves
- Upphaf
- Die With A War Cry
- Raven God
- The Allfather Awakes
- Oden’s Hunt
- Ascending Like An Eagle
The Allfather Awakens sortira le 2 octobre via Metal Blade Records. Amon Amarth prendra ensuite la route en Europe, avec notamment un passage au Zénith de Paris le 13 octobre en compagnie d’Orbit Culture et Soilwork.