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Amon Amarth : Quand Thor découvre la guitare électrique !

Amon Amarth est un groupe de Death Metal Mélodique, originaire de Suède, avec des influences de Heavy et de Power Metal aux guitares, des paroles centrées sur la mythologie nordique, chantées en puissance et un duo basse-batterie efficace et percutant ! Un mélange foudroyant qui a fait du groupe une référence du genre.

Les premiers albums, les premières tournées et l’éveil d’un mythe

C’est en 1992, sur les cendres du groupe Scum, que Johan Hegg au chant, Olavi Mikkonen et Anders Hansson aux guitares, Ted Lundstorm à la basse et le batteur Niko Kaukinen ont créé Amon Amarth. Amon Amarth, nom en sindarin tiré de l’oeuvre de J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, signifie “Mont du Destin”, un volcan dont les flammes ont servi à Sauron pour forger le “précieux”.

Leur première démo, Thor Arise (1993), d’une durée de vingt-six minutes, n’a jamais été commercialisée due à des qualités sonores dignes d’une taverne viking en fin de soirée. Cependant, le groupe arrive légèrement à se démarquer, ayant ajouté au mixage des sons de combat, des coups d’épée et des râles d’agonies, et terminant sa démo sur une reprise de Black Sabbath. Ces deux éléments, l’ambiance guerrière et l’influence Heavy Metal, sont fondamentaux dans l’âme de Amon Amarth et dévoilent déjà le chemin que le groupe va emprunter.

Johan Hegg a confirmé bien des années plus tard, que si un groupe inexpérimenté essaye d’enregistrer cinq titres en trois jours, c’est voué à l’échec. Une année plus tard, en 1994, sort The Arrival of the Fimbul Winter, leur seconde démo comprenant trois titres, qui se vend sur la durée à trois mille exemplaires. Les mille premières copies se sont écoulées en moins de douze heures selon des sources obscures et absolument pas fiables.

Le groupe signe avec le label Pulverised Records et sort Sorrow Throughout the Nine Worlds en 1996, un EP dont le mixage s’inspire de Thor Arise mais où tous les éléments qui forgeront la légende Amon Amarth s’y retrouvent encore. Au cours de la même année, Niko Kaukinen est remplacé par Martin Lopez à la batterie.

Amon Amarth signe chez Metal Blade Records, et sort son premier album, Once Sent from the Golden Hall, en 1998. La collaboration du groupe avec Metal Blade Records perdurera jusqu’à nos jours [2020] et donnera vie à l’intégralité de ses albums studio. C’est cette même année que Mjöllnir s’abat et foudroie la communauté Metal pour la première fois. Amon Amarth s’impose grâce à des paroles puissantes portées par un Death Metal Mélodique incisif. Le tout transforme votre chat en loup, votre twingo en drakkar et vous envoie envahir l’univers ! Les musiciens effectuent alors leurs premières tournées, principalement en Amérique du Nord, en collaboration avec des artistes américains, tel que Deicide ou Six Feet Under.

Entre temps, Anders Hansson et Martin Lopez n’ont pas survécu au choc et ont été remplacés par Johan Söderberg et Fredrik Andersson respectivement à la guitare et à la batterie. C’est cette formation qui fera la gloire de Amon Amarth ! C’est à ce moment là que Martin Lopez a rejoint l’excellent groupe de Metal Progressif suédois Opeth.

L’année suivante, en 1999, sort leur second album, The Avenger, sur lequel après trois secondes de caisse claire s’enchaînent et se déchaînent les titres, toujours dans la même veine que le premier opus – efficace ! C’est l’occasion d’effectuer une nouvelle tournée américaine, pour laquelle ils accompagnent Morbid Angel, l’un des groupes cultes qui a clairement donné ses lettres de noblesse au Death Metal de l’autre côté de l’Atlantique.

En 2001, Mjöllnir s’abat pour la seconde fois avec The Crusher, un album violent et puissant, que le groupe promeut lors du No Mercy Festival aux côtés de certains des monstres sacrés du Death et du Black Metal, tels que Vader ou Marduk.

Amon Amarth
© Vocal.Media

Entre deux sorties d’albums, au début des années 2000, le groupe écume les tournées en Europe et en Amérique du Nord. C’est simple, lorsqu’ils ne sont pas en studio afin d’enregistrer un nouvel album, ils sont à la conquête du monde !

En 2002, suit l’album Versus the World qui développe un style plus profond, alliant savamment les mélodies et l’agressivité, qui nous gratifie de la mythique Death in Fire :

Storm of lethal flames
Only death remains
Ragnarok is closing in
Die for honor, glory, death in fire

Dans la même veine, arrive Fate of Norns en 2004, qui nous gratifie de celle qu’on écoute généralement tout de suite après The Pursuit of the Vikings. Les deux chansons bien que de deux albums différents sont les deux faces d’une même et unique pièce. Fate of Norns a poussé encore plus la profondeur du style Amon Amarth tout en gardant son ADN brutal.

With Oden on our Side sort en 2006, cet album a pleinement réussi sa mission, car il a été construit à l’image d’une armée viking qui part conquérir le monde avec le soutien des Ases. Le style Amon Amarth est certifié, une technique vocale profonde et compréhensible à l’audition, ce qui est un exploit pour un groupe de Death Metal, des riffs de guitare qui s’inspirent du Heavy Metal, du Power Metal et parfois une petite touche de Industrial Metal, le tout porté par un duo basse-batterie efficace et puissant. L’album atteint le Top 30 des charts aux États-unis, en Suède, en Allemagne et en Autriche. De plus, il est certifié disque d’or aux États-Unis et disque de platine au Canada.

La consécration et l’évolution du mythe

Amon Amarth a livré d’excellents albums jusqu’à présent mais si le groupe a réussi à acquérir une telle notoriété, c’est indéniable, c’est aussi grâce à ses prestations scéniques. Amon Amarth en live, c’est une expérience unique. Au fil des années, l’évolution des décors et les effets pyrotechniques ont certainement contribué au succès de Amon Amarth, mais ce qui est à retenir, c’est la passion que le groupe est capable de communiquer à la foule ! Il n’y a que les artistes passionnés par leur musique et l’univers qu’ils explorent qui arrivent à transmettre cette ferveur à leur public.

En 2008, leur septième album, Twilight of the Thunder God, sort, assorti d’une magnifique pochette signée Tom Thiel, qui symbolise Thor combattant Jörmungandr. Lors du Ragnarök, fin du monde prophétique dans la mythologie nordique, Thor réussit à terrasser le serpent de Midgard mais finit par succomber au poison de ce dernier, tout l’esprit viking s’y retrouve.

Amon Amarth
© Metal Blade Records

Les dignes descendants de Thor ont littéralement anesthésié la scène Metal, à gros coups de Mjöllnir dans la face. Cet album est un chef-d’oeuvre, le style Amon Amarth à son paroxysme, qui connaît un succès planétaire. La collaboration de légendes du genre comme Lars-Göran Petrov (Entombed), Roope Latvala (Children of Bodom) ou encore le groupe Apocalyptica sur divers titres, consolide le statut de référence du groupe. Suite à la sortie de cet album, Amon Amarth enchaîne les tournées durant quelques années à travers la planète aux côtés de groupes tels que Ensiferum, Eluveitie ou Slayer. Il finit même au Deccan Rock Festival de Bangalore en 2009 avec Textures et plusieurs groupes de la région, un festival intimiste d’environ cinq mille festivaliers et une scène aménagée avec des bambous.

Témoignage du massacre :

La scène a été vite préparée par l’équipe. La foule était prête à acclamer Amon Amarth mais leur entrée a été plus rapide que je ne le pensais. Ils ont commencé à jouer Twilight of the Thunder Gods avant que je puisse comprendre le fait que le monstrueux Johan Hegg était devant moi, rugissant. J’étais perdu en train de “headbanger” sur leurs chansons. Cette sensation ne peut pas être décrite, expédiant la foule dans une frénésie absolue. J’étais subjugué par l’un de mes batteurs préférés, Fredrik, en le voyant faire son truc. La perfection sous mes yeux.

Ithias Shetty, Deccan Rock Festival 2009 gig review, 7 décembre 2009

Leur huitième album, Sutur Rising, sort en 2011 dans la continuité du précédent, quoique la barre ait été mise très haute, celui-ci ne déçoit pas, bien au contraire. Amon Amarth passe un cap dans l’agressivité et la vitesse tout en gardant de la profondeur, une perfection pour des prestations scéniques d’anthologie.

Ils assurent avec de nombreuses tournées, en plus de participations au Wacken Open Air Festival et au Hellfest en 2012, et de grosses performances au Download Festival, au Sweden Rock Festival et au Mayhem Festival en 2013.

En 2013, ils sortent Deceiver of the Gods. Bien que les influences Heavy Metal et Power Metal étaient déjà perceptibles, elles s’expriment pleinement dans cet opus qui marque une évolution dans le style Amon Amarth. Les paroles s’inspirent toujours de la mythologie nordique, magnifiquement imagée sur la pochette de l’album qui représente l’éternel conflit entre Thor et Loki, dessinée une fois encore par Tom Thiel qui a collaboré sur six albums du groupe.

Le batteur Fredrik Andersson quitte Amon Amarth en 2015. Tobias Gustafsson assurera l’intérim sur le prochain album en studio avant que Jocke Wallgren ne complète définitivement la formation et rejoigne le groupe pour les tournées à venir.

Jomsviking, leur dixième album, sort en 2016, complètement centré sur un sujet : les Jomsviking, une troupe légendaire de mercenaires vikings, régie par un code strict et une discipline de fer, prêt à servir quiconque qui paye suffisamment et entièrement dévouée au combat et aux Ases. Cet album suit l’évolution de Deceiver of the Gods en gardant les mêmes codes, et nous offre Raise your horns :

Raise your horns raise them up to the sky
We will drink to glory tonight
Raise your horns for brave fallen friends
We will meet where the beer never ends

Dans une interview pour Skandesia en 2016, Johan a déclaré :

C’est une chanson très victorieuse, tu rentres de la bataille que tu as gagnée et tu bois à ta victoire. Mais tu bois aussi aux personnes qui sont mortes durant la bataille. Donc les choeurs expriment une victoire mélancolique qui est célébrée. Je trouve que ça colle parfaitement à l’esprit viking…

Les membres du groupe ont réussi à accepter leurs influences musicales, qu’ils intègrent plus facilement à leur musique. Bien entendu, leurs influences sont multiples et variées mais les deux noms que citent régulièrement les membres de Amon Amarth sont Iron Maiden et Black Sabbath – la messe Metal est dite ! Très vite, l’album atteint le Top 5 des charts en Suède, en Autriche, en Allemagne et en Finlande. À cette occasion, le groupe fort d’une notoriété acquise au fil des années, enchaîne les tournées principalement en Europe et aux États-Unis. La tournée avec Dark Tranquility, une légende du Death Metal Mélodique, confirme une fois de plus l’acceptation de Amon Amarth dans le panthéon du style.

Fin 2018, le groupe sort un DVD en l’honneur de ses vingt-cinq années d’activité, The Pursuit of Vikings : 25 years in the Eye of the Storm, un classique du genre avec une partie documentaire sur l’histoire du groupe et des performances scéniques.

Berserker, le onzième et dernier album du groupe à ce jour [2020], sort en 2019. Après la parenthèse Jomsviking, c’est un retour aux sources avec tous les éléments du son Amon Amarth, qui pour le coup manque un peu d’originalité musicale. Chaque album de Amon Amarth conte une histoire, dont l’inspiration provient de la littérature, de la mythologie ou de l’histoire humaine. L’objectif du groupe est de partager un récit, souvent épique et avec une utilisation abusive de la peinture à l’hémoglobine. Concernant Berserker, et tout particulièrement le titre The Berserker at Stamford Bridge, il s’agit d’un évènement relaté dans les chroniques anglo-saxonnes à propos de la bataille du pont de Stamford en 1066, où justement un viking “Berserker” seul a dû repousser l’armée anglaise afin d’assurer la retraite des siens. Les chroniques affirment qu’il aurait tué entre 40 à 70 soldats avant de succomber et rejoindre le Valhalla.

Le léger manque d’innovation musicale ne signifie pas que la notoriété du groupe est en déclin ; fin 2019, Amon Amarth effectue une tournée en Amérique du Nord et en Europe, une fois de plus, en compagnie d’une autre légende du Death Metal Mélodique, Arch Enemy.

Après une carrière accomplie, des albums et des titres mythiques, des performances scéniques épiques et une solide notoriété planétaire, il ne serait pas judicieux d’enterrer cette armée viking. Si le ciel s’obscurcit, qu’une violente averse s’abat et qu’au lointain l’orage gronde, cela pourrait être l’oeuvre de Thor ainsi qu’une ode au Death Metal !

Les anecdotes sur Amon Amarth