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Iron Maiden : Une leçon de Heavy Metal et d’humilité !

Iron Maiden est LE groupe de Heavy Metal ! C’est un peu moins d’un demi-siècle de longévité, 16 albums studios, un peu plus de 90 millions de disques vendus, quelques milliers de performances dans plus de 50 pays sur tous les continents, pas moins de trois guitares sur scène, une signature à la basse “Harris Box”, un chanteur avec plus de 4 octaves à disposition, une légendaire mascotte “Eddie” et un boeing 747. De renommée planétaire, Iron Maiden, est indéniablement l’un des groupes les plus influents et respectés de la scène Métal. Bienvenue dans l’univers de la Bête !

La Nouvelle Vague de Heavy Metal Britannique et la création d’un style

Iron Maiden a été fondé en 1975 à Londres par Steve Harris à la basse et rejoint une année plus tard par Dave Murray à la guitare, par Adrian Smith à la guitare également en 1980, en 1982 par Bruce Dickinson au chant et Nicko McBrain en 1983 à la batterie, et plus tard en 1990 par Janick Gers toujours à la guitare. Le groupe a connu plus de vingt membres différents tout au long de sa carrière, principalement durant les premières années. C’est cependant cette formation citée plus haut que nous retiendrons, celle qui a forgé la légende !

En 1980 le groupe sort son premier album, sobrement intitulé Iron Maiden. Cette année-là les charts britanniques sont dominés par Don McLean, Barbara Streisand ou encore Abba, bien que la vague de la NWOBHM (New Wave Of British Heavy Metal) fait déjà des siennes depuis quelques années. C’est à partir du début des années 80 qu’elle va déferler sur la planète ! Aux côtés de groupes tels que Saxon, Motörhead, Judas Priest et bien d’autres encore, Iron Maiden marque un changement dans l’approche musicale, avec l’incorporation des “power chords”, d’influences du Punk et du Rock Progressif, ainsi qu’une rapidité d’exécution, tout en restant mélodieuse, et une technique vocale plutôt aiguë. Ces groupes vont littéralement poser les bases du Heavy Metal tel que nous le connaissons, et inspirer jusqu’à nos jours [2021] la plupart des groupes de Metal.

C’est aussi en 1980 qu’Eddie naîtra des coups de crayon de Derek Riggs et deviendra la mascotte, et un membre à part entière de Iron Maiden. Eddie se retrouve sur l’intégralité des pochettes d’album du groupe, et est toujours sur scène lors des performances “live” afin de rajouter un aspect spectaculaire, au fil des années avec des moyens techniques de plus en plus poussés – il est l’identité visuelle de Iron Maiden. Pour certaines de ses tournées mondiales, le groupe dispose d’un boeing 747, Ed Force One, souvent piloté par Bruce Dickinson lui-même ! Pour en revenir à leur premier opus, Iron Maiden, le premier d’une légendaire lignée, on y trouve tous les éléments qui vont faire le succès du groupe. Bien qu’il y ait des influences Punk, il y a déjà une complexité de composition musicale qui tire plus vers le Rock Progressif et une rapidité d’exécution qui concurrence celle de Judas Priest.

Cet album nous gratifie aussi bien de titre comme Running Free d’une durée d’environ trois minutes, une composition de prime abord plutôt simple et surtout efficace, que d’autre tel que Phantom of the Opera d’une durée dépassant les sept minutes et qui est une véritables épopée musicale.

L’album Killers sort en 1981, avec la création du duo de guitaristes composé de Dave Murray et Adrian Smith qui a rejoint la formation depuis peu. Ce duo marquera le Heavy Metal ! À cette occasion le groupe passera un cap aussi bien dans la qualité de la production studio que graphique, et nous offre entre autres le mythique Wrathchild qui deviendra un classique du groupe.

C’est en 1982 que The Number of the Beast est libéré, il n’y a pas d’autres termes, il s’agit là d’un classique du Heavy Metal, un savant mélange de technicité et d’accessibilité. Le premier album avec Bruce Dickinson au chant qui va apporter toute sa technique vocale et sa passion absolue, avec Steve Harris toujours à la basse et pour le moment juste deux guitares à l’attaque, le groupe explose les limites et devient la référence du genre. L’album se classe premier des charts britanniques, dans le top 10 en Autriche, en Espagne, en France, aux Pays-Bas et en Suède et de plus est certifié disque de platine aux États-Unis et disque d’or en France.

Avec ce succès intercontinental s’amplifie une longue histoire jonchée de scandales et de polémiques, qui impliquent politique, religion et modèle social. Effectivement, en 1980, pour la sortie du 45 tours Sanctuary, la pochette représentait Eddie tenant un poignard avec Margaret Thatcher à ses pieds, pochette qui fut censurée. Cette fois-ci, c’est aux États-Unis que le groupe se trouve accusé de satanisme ce qui donnera lieu à des appels au boycott et des manifestations. Dès son origine, la NWOBHM, qui germa à la fin des années 70, portait des revendications sociales et contestataires de l’ordre établi en opposition à des politiques austères et conservatrices. N’est-ce donc pas le propre de l’enfant terrible du Rock ‘n’ Roll que d’être rebelle et le miroir déformé qui renvoie la société face à sa propre réalité ?

Iron Maiden

Piece of Mind sort en 1983, avec l’arrivée de Nicko McBrain à la batterie, LA formation mythique est quasiment au complet, et il s’agit une fois de plus d’une leçon de Heavy Metal ! Avec des compositions telles que Where Eagles Dare, Flight of Icarus et bien évidemment The Trooper, les influences Punk s’effacent, le tempo général ralenti, l’écriture s’alourdit et le tout sombre davantage dans les ténèbres. Les références littéraires et cinématographiques sont légion et le groupe s’amuse même de ses détracteurs en détournant certains passages de la Bible. Ainsi aura lieu la World Piece Tour, une tournée planétaire avec près de 150 dates en Europe et en Amérique du Nord, durant laquelle il y a eu de nombreuses frasques dont l’arrestation de Bruce Dickinson et le massacre d’Eddie !

Powerslave suit en 1984, c’est un des albums emblématiques du groupe, il est dans la continuité des deux précédents mais réussi à cristalliser tous les éléments Iron Maiden, c’est du 100% pur concentré. Comme introduction, l’album nous gratifie des mythiques Aces High et 2 Minutes to Midnight, des machines de guerre pour des performances scéniques épiques, et conclut sur Powerslave et Rime of the Ancient Mariner, une épopée musicale de plus de treize minutes, un véritable chef-d’oeuvre signé Steve Harris !

L’une des clefs de voûte de Iron Maiden est effectivement Steve Harris, fondateur et bassiste, il est le principal parolier de la formation ayant à son actif la très grande majorité des compositions ; de plus il se distingue par son jeu typique aux doigts assimilé à un galop et a créé une signature à la basse avec un ensemble de quatre notes que vous pouvez jouer sur n’importe quelle partie du manche et naturellement cela sonnera “comme du Iron Maiden”. Pour la petite histoire, M. Harris a toujours interdit la consommation de stupéfiants aux membres du groupe, ce qui a conduit à l’expulsion de Paul Di’Anno (le premier chanteur du groupe) en 1981.

Deux années plus tard, en 1986, sort Somewhere in Time, une autre claque Heavy Metal, certifié disque de platine au Canada et aux États-Unis, disque d’or en Allemagne, au Brésil et au Royaume-Uni. Les premières secondes de Caught Somewhere in Time, premier titre de l’album, sont d’une simplicité et d’une beauté enivrantes bien que l’ensemble de l’album déçoit une partie des fans et critiques qui reprochent le manque d’originalité et incombent le succès commercial de cet opus à la tournée basée sur l’album précédent. La World Slavery Tour, avec plus de 180 dates, est la tournée la plus longue du groupe à ce jour [2021] incluant plusieurs dates en Australie, au Brésil et au Japon.

Après la parenthèse du précédent album, Iron Maiden sort Seventh Son of a Seventh Son en 1988 qui met tout le monde d’accord incluant aussi bien les fans de la première heure que les critiques.
C’est un album-concept qui se classe dès sa sortie à la première place des charts britanniques, dont les quatre singles Can I Play with Madness, The Evil that Men Do, The Clairvoyant et Infinite Dreams se classent tous dans le top 10 des charts britanniques et deviennent des classiques des performances sur scène !

No Prayer for the Dying sort en 1990, cette même année Adrian Smith est viré de la formation, à cause de divergences artistiques concernant le style musical et est remplacé par Janick Gers à la guitare. Le titre Holy Smoke, gratifié de son clip vidéo humoristique, est une véritable pépite, bien que d’une écriture plutôt simple, il n’en reste pas moins dans la plus pure tradition du Heavy Metal ayant dans le collimateur les télé-évangélistes – ainsi que Bring Your Daughter… to the Slaughter qui fut interdite par la BBC, quelle belle récompense pour un groupe de Métal ! L’album se conclut sur Mother Russia, une chanson qui se veut une épopée dans la digne lignée mais d’une durée plutôt courte pour le genre. No Prayer for the Dying bien qu’obtenant d’excellents résultats dans les charts souffre des critiques qui jugent l’opus bien en deçà de ses prédécesseurs.

En 1992 sort Fear of the Dark qui assurera la popularité du groupe durant les années 90 mais qui marquera la fin d’une époque, puisque Bruce Dickinson quittera la formation une année plus tard.
Les titres tels que Be Quick or Be Dead, Afraid to Shoot Strangers, Fear is the Key et le légendaire Fear of the Dark prouvent qu’après 17 années d’existence, Iron Maiden est toujours un acteur majeur de la scène Heavy Metal !

S’ensuit une parenthèse avec Blaze Bayley au chant sur deux albums, The X Factor en 1995 et Virtual XI en 1998, la formation souffre sévèrement des critiques et de l’ombre écrasante de Bruce Dickinson qui a conquis le coeur des fans et dont l’absence semble trop pesante surtout lors des prestations scéniques.

Les deux retours, les trois guitares et l’ultime consécration !

C’est avec Brave New World, sorti en 2000, qu’Iron Maiden renaît avec les retours retentissants d’Adrian Smith à la guitare et de Bruce Dickinson au chant qui ont repris du service lors de la The Ed Hunter Tour en 1999. Le titre fait bien évidemment référence à l’oeuvre d’Aldous Huxley. La superbe pochette fut le fruit de la collaboration de deux dessinateurs, Derek Riggs et Steve Stone et l’album a été enregistré en France au studio Guillaume Tell. L’album se classe dans le top 10 des charts de neuf pays et est certifié d’or dans huit autres. Les titres The Wicker Man, Brave New World, The Fallen Angel, The Nomad et Out of the Silent Planet entre autres assurent la notoriété et le respect du groupe, Iron Maiden demeure un fondateur, une référence et un innovateur dans le genre.

La voilà donc la mythique formation Iron Maiden avec ses fameuses trois guitares, ce qui est pour le moins inhabituel pour un groupe. Est-ce qu’avoir trois guitares en studio et sur scène à un véritable intérêt ? La réponse est indéniablement oui ! Un simple exemple, la première guitare assure la rythmique, la deuxième porte la mélodie et la troisième harmonise en jouant la même mélodie en plus grave ou plus aiguë – ce qui donne une profondeur sonore et pour le coup une signature, Iron Maiden !

La Brave New World Tour démarre en 2000 et se poursuit jusqu’en 2002 avec 81 dates au total en Asie, en Amérique du Nord, en Amérique Latine et en Europe avec certains faits notables comme le “Sold Out” pour le concert du Madison Square Garden atteint en moins de deux heures ou leur représentation au Rock in Rio devant plus de 250 000 spectateurs !

Dans la même fibre sort Dance of Death en 2003 qui impressionne par sa qualité et qui réussit à satisfaire les critiques et les fans les plus exigeants malgré le fait qu’Iron Maiden existe depuis près d’une trentaine d’années désormais. En considérant la discographie déjà bien fournie, le fait que certains albums et certains titres soient considérés comme des classiques du genre et des chefs-d’oeuvre, le groupe arrive encore à ajouter une strate supplémentaire à sa légende. Les différents titres Wildest Dreams, Rainmaker, No More Lies, Montségur, New Frontier, Paschendale ou encore l’épopée Journeyman forcent l’admiration de par la maîtrise technique, la profondeur des paroles touchant à la philosophie et à la guerre, et la passion qui s’en dégage.

Durant l’année 2005 est lancée la Eddie Rips Up the World Tour, une tournée dédiée aux premiers albums avec un total de 42 dates en Amérique du Nord et en Europe.

A Matter of Life and Death sort en 2006 en repoussant une fois de plus les limites, dans le pur style Iron Maiden ! Il est le premier album du groupe à atteindre le top 10 de l’US Billboard et fut littéralement acclamé par la critique, certifié disque de platine en Finlande et en Inde et disque d’or dans sept pays (atteignant de plus le top 10 des charts de onze pays). C’est une véritable vague qui déferle, forte de l’expérience et de la créativité technique de la formation ainsi que des paroles puissantes et profondes portées par un Bruce Dickinson toujours au sommet de son art. À noter le léger couac lors de la tournée qui suivit, effectivement le public a été peu réceptif au fait que le groupe joue l’album en entier lors de ses représentations.

S’ensuit en 2008 et 2009, la Somewhere Back in Time World Tour, une tournée consacrée à la deuxième partie des premiers albums du groupe, avec 90 dates et comme première partie des groupes tels qu’Anthrax, Trivium, Within Temptation, Slayer, Carcass ou encore Morbid Angel (des débutants qui avaient bien besoin d’un petit coup de projecteur) !

Iron Maiden
© Alessandro Mele

C’est en 2010 que The Final Frontier sort, le 15ème album, qui est à l’image des dernières années traversées par Iron Maiden, tentant de mélanger judicieusement leur nouvelle création avec les recettes qui ont fait les premières gloires. Ce fut indéniablement un succès étant donné que la The Final Frontier World Tour a eu lieu sur les 5 continents, dans 36 pays, sur 98 dates et pour un public cumulé estimé à 2 millions de personnes et des recettes cumulées estimées à près de 50 millions de dollars U.S.

The Book of Souls, le 16ème et dernier album du groupe à ce jour [2021] sort en 2015. Cet opus, une fois de plus, repousse les limites avec l’utilisation d’instruments plutôt inexistants dans le genre et une chanson, Empire of the Clouds, qui dure plus de 18 minutes, une pure épopée Iron Maiden. Le groupe avec une quarantaine d’années d’existence, arrive encore à innover, que ce soit à travers la profondeur voire le mysticisme de If Eternity Should Fail, le classique rythmé et groovy de Speed of Light ou When The River Runs Deep sur laquelle les trois guitares déploient leur plein potentiel. Les papys du Heavy Metal ont montré une fois de plus que la relève devrait être plus que jamais dantesque si elle souhaite un jour les détrôner !

Pour preuve, la tournée The Book of Souls World Tour qui suivit la sortie de l’album a cumulé 117 dates sur tous les continents et des recettes estimées à plus de 100 millions de dollars U.S., le tout assuré par leur propre boeing 747-400 Ed Force One !

Chers amis musiciens qui souhaitez devenir des légendes du Heavy Metal, je ne peux que briser le quatrième mur et vous dire bon courage !

Depuis 2018, Iron Maiden assure la Legacy of the Beast Tour avec 100 dates de prévues, celle-ci est actuellement en pause [2021]. Cette tournée a pour objectif de compiler tous les plus grands succès du groupe. Le rendez-vous est pris dans la fosse !!!

PS : Cet article n’a pas d’autre prétention que d’être une simple et sauvage introduction à l’immensité de l’univers de la bête !

Les anecdotes sur Iron Maiden