Quel est le meilleur album de Slipknot ? La question revient souvent, parce que le groupe de Des Moines n’a jamais sorti deux fois le même disque. Entre la déflagration du premier album, le cauchemar compact d’Iowa, l’ouverture mélodique de Vol. 3: (The Subliminal Verses) et le retour en forme de We Are Not Your Kind, chaque période a ses défenseurs.
Ce classement des albums de Slipknot repose sur l’impact, la cohérence, la force des morceaux et la manière dont chaque disque a vieilli. Il assume forcément une bonne part de subjectivité, mais une chose est sûre : chez Slipknot, même les albums les plus discutés ont quelque chose à raconter.
Classement rapide : les meilleurs albums de Slipknot
- Iowa (2001)
- Slipknot (1999)
- We Are Not Your Kind (2019)
- Vol. 3: (The Subliminal Verses) (2004)
- All Hope Is Gone (2008)
- .5: The Gray Chapter (2014)
- The End, So Far (2022)
7. The End, So Far (2022) : l’album qui cherche sa place
The End, So Far intrigue plus qu’il ne s’impose. Dernier album de Slipknot chez Roadrunner Records, il tente d’ouvrir le son du groupe vers des zones plus mélodiques et plus atmosphériques, mais sans toujours trouver l’équilibre entre prise de risque et impact immédiat.
Il y a de bonnes idées, quelques fulgurances, mais rarement cette sensation de bloc qui rend les grands disques de Slipknot si puissants. Plus qu’un ratage, c’est un album de transition : intéressant, parfois audacieux, mais moins indispensable que le reste.
6. .5: The Gray Chapter (2014) : le disque de la reconstruction
Premier album publié après la mort de Paul Gray et le départ de Joey Jordison, .5: The Gray Chapter porte le poids d’une période compliquée. On y entend un groupe endeuillé, tendu, qui tente de retrouver son centre de gravité sans faire comme si rien n’avait changé.
The Devil In I et Custer rappellent que Slipknot sait encore mordre, mais l’ensemble reste parfois inégal. L’album touche par son contexte et par certaines poussées de rage, sans atteindre la cohérence des œuvres majeures du groupe.
5. All Hope Is Gone (2008) : puissant, mais difficile à cerner
Coincé entre l’ambition de Vol. 3 et la reconstruction des années 2010, All Hope Is Gone reste l’un des albums les plus contrastés de Slipknot. Il peut aligner un hymne massif comme Psychosocial, une respiration plus mélodique avec Dead Memories et une démonstration de force comme Gematria (The Killing Name).
Le problème, c’est que ces sommets ne forment pas toujours un ensemble parfaitement fluide. L’album impressionne par ses pics, sa production et son efficacité, mais il manque de cette tension continue qui caractérise les meilleurs Slipknot.
4. Vol. 3: (The Subliminal Verses) (2004) : la mue décisive
Après Iowa, Slipknot aurait pu aller encore plus loin dans la violence. Le groupe a choisi de déplacer le combat. Avec Vol. 3: (The Subliminal Verses), les mélodies gagnent du terrain, les refrains s’élargissent et Corey Taylor montre une palette plus nuancée.
Duality, Before I Forget et Vermilion ont ouvert Slipknot à un public plus large sans gommer totalement sa noirceur. Certains regrettent son côté moins suffocant, mais cette prise de risque a permis au groupe de ne pas rester prisonnier de son propre chaos.
3. We Are Not Your Kind (2019) : le meilleur Slipknot moderne
We Are Not Your Kind a rappelé que Slipknot n’était pas qu’un monument à célébrer. Le disque avance avec une vraie ambition : plus atmosphérique, plus patient, mais toujours capable de frapper fort quand il le faut.
Unsainted, Nero Forte et Solway Firth résument cette réussite. L’album n’a pas l’impact historique des débuts, mais il retrouve une intensité, une cohérence et un sens du danger que l’on n’attendait plus forcément à ce niveau. Le meilleur album récent de Slipknot, sans hésitation.
2. Slipknot (1999) : le coup de massue fondateur
Le premier album de Slipknot a débarqué comme une anomalie dans le metal de la fin des années 1990. Plus sale, plus dangereux et plus incontrôlable que la plupart de ses contemporains, il mélange nu metal, metal extrême, samples, percussions tribales et rage collective avec une énergie presque toxique.
Wait and Bleed, Surfacing, Spit It Out ou Eyeless ne sont pas seulement des classiques : ce sont les fondations d’une mythologie. Si ce disque n’est pas premier, c’est uniquement parce que Slipknot allait pousser cette vision encore plus loin deux ans plus tard.
1. Iowa (2001) : l’œuvre définitive de Slipknot
Si le premier album ressemblait à une émeute, Iowa ressemble à son lendemain. Plus noir, plus lourd, plus malsain, il capture un Slipknot au bord de la rupture et transforme cette tension en chef-d’œuvre.
People = Shit, Disasterpiece, The Heretic Anthem, Left Behind et le morceau-titre forment un bloc presque irrespirable. L’album ne cherche pas à plaire : il écrase, enferme, consume. C’est précisément pour cela qu’il reste, dans ce classement, le meilleur album de Slipknot.
Ce classement confirme une chose : Slipknot a bâti sa légende sur deux piliers presque indépassables, Slipknot et Iowa. Mais réduire le groupe à ses débuts serait une erreur. Vol. 3: (The Subliminal Verses) a élargi son langage, tandis que We Are Not Your Kind a prouvé qu’il pouvait encore livrer une œuvre ambitieuse bien après son explosion initiale.
Au fond, la force de Slipknot tient peut-être là : même ses albums les plus discutés ne laissent jamais totalement indifférent. Tous ne sont pas au même niveau, mais chacun raconte une étape d’un groupe qui a fait du chaos une identité durable.