Quinze ans après sa sortie, Sounds Of A Playground Fading reste probablement le dernier grand album d’In Flames avant plusieurs années plus irrégulières. Premier disque publié après le départ de Jesper Strömblad, il arrive à un moment où le groupe suédois divise déjà profondément sa communauté. Avec le recul, il apparaît surtout comme le sommet de l’ère moderne d’In Flames.
Quand tout fonctionne
En 2011, In Flames a définitivement tourné la page du death metal mélodique de ses débuts. Mais là où A Sense Of Purpose semblait parfois hésitant, Sounds Of A Playground Fading avance avec une assurance rare. Plus mélodique, plus accessible, parfois plus proche du metal alternatif que du melo death, il réussit là où beaucoup échouent : rendre son virage grand public naturel, presque évident.
Des morceaux comme Deliver Us, Where The Dead Ships Dwell ou Fear Is The Weakness résument parfaitement cette formule : des refrains conçus pour les grandes scènes, des mélodies qui s’installent durablement en mémoire et suffisamment de rugosité dans les guitares pour éviter la facilité.
Un son exceptionnel, un Fridén au sommet
Dès les premières minutes, un élément fait toujours la différence : la qualité du son. Rarement In Flames aura affiché un tel équilibre entre puissance, ampleur et lisibilité. Les guitares conservent leur mordant sans saturer l’espace, les claviers apportent de la profondeur plutôt que de la douceur, et chaque élément semble disposer exactement de la place dont il a besoin pour respirer.
Et puis il y a Anders Fridén. Jamais son timbre n’a trouvé un écrin aussi adapté. Son chant clair atteint ici un niveau qu’il ne dépassera probablement jamais, porté par des lignes mélodiques taillées sur mesure pour lui. Chaque refrain semble écrit pour mettre en valeur ses forces : ce mélange de fragilité, de mélancolie et d’intensité qui a toujours constitué sa signature.
Le dernier grand chapitre avant Foregone
Sounds Of A Playground Fading ne convaincra pas ceux qui n’ont jamais accepté l’évolution d’In Flames. En revanche, pour les fans de cette seconde période, il représente sans doute son accomplissement ultime. Quinze ans plus tard, il reste la référence absolue de cette deuxième vie du groupe : le disque où In Flames a trouvé l’équilibre parfait entre ambition mainstream, sens de la mélodie et intensité émotionnelle.
Avant la baisse de régime qui suivra, puis le retour en forme amorcé avec Foregone, cet album demeure un repère essentiel. Pas seulement un disque charnière, mais l’un des plus attachants de toute la carrière d’In Flames.