Aephanemer perpétuait l’esprit de Bodom en 2019 avec Prokopton

à 19h10
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Aephanemer perpétuait l’esprit de Bodom en 2019 avec Prokopton
© Aephanemer (Presse)

En 2019, Aephanemer franchissait un cap avec Prokopton, son deuxième album studio, confirmant les promesses entrevues lors de ses débuts sur la scène extrême française.

Un deuxième album solide aux influences affirmées

Fondé à Toulouse en 2013, Aephanemer s’est rapidement fait remarquer grâce à un style ancré dans le death metal mélodique. Avant Prokopton, le groupe avait sorti un premier EP, suivi d’un album, qui posaient déjà les fondations de son identité musicale. Le quatuor revendique dès ses débuts des influences marquées, allant de Children of Bodom à Amon Amarth, en passant par Dissection et Dark Tranquillity. Ces références transparaissent nettement dans les compositions de Prokopton, notamment sur le titre d’ouverture, éponyme.

Une production cohérente mais peu contrastée

Le son d’Aephanemer repose sur des riffs tranchants, des mélodies accrocheuses et une exécution technique maîtrisée. Le chant de Marion Bascoul évoque fortement celui d’Alexi Laiho, tant par le grain que par l’intensité, renforçant le lien avec l’école finlandaise du genre.

Chaque morceau bénéficie d’une structure soignée, avec des arrangements centrés sur la guitare, omniprésente tout au long de l’album. Si cette richesse mélodique fonctionne bien prise titre par titre, l’ensemble manque de variété sur la durée. Cette insuffisance de contrastes dynamiques rend l’écoute continue parfois éprouvante, et laisse peu de place à la surprise.

Le mixage a été réalisé par Dan Swanö (Unisound AB), figure reconnue dans le metal extrême, et le mastering par Mika Jussila (Finnvox Studios). Les prises vocales ont été enregistrées au Tower Studio. Le rendu global est satisfaisant, mais reste parfois un peu confus, possiblement en raison de conditions d’enregistrement plus artisanales pour les instruments.

Un groupe en pleine affirmation

Malgré quelques limites, Prokopton témoigne d’une réelle maîtrise et d’une énergie sincère. Le groupe impose un style rigoureux, avec une volonté claire de faire vivre une certaine tradition du death mélodique tout en y apportant sa touche. Ce deuxième album confirme le potentiel d’Aephanemer, qui n’a cessé depuis d’élargir sa palette sonore et de préciser sa direction artistique.

Parmi les morceaux les plus marquants, on retrouve Bloodline, The Sovereign et Path Of The Wolf, qui illustrent bien l’équilibre recherché entre technicité et impact mélodique.

Depuis, Aephanemer a poursuivi son évolution. Son dernier album, Utopie, marque une nouvelle étape dans son affirmation musicale.