Sorti en deux parties en 2017, le diptyque Of Erthe and Axen de Xanthochroid reste, plusieurs années après sa parution, une œuvre à part dans la sphère metal. Derrière ses titres aux allures de conte médiéval, le groupe américain propose une épopée musicale aussi ambitieuse que minutieuse.
Un projet musical à l’univers riche
Formé en 2005 à Lake Forest, en Californie, Xanthochroid est composé de Sam Meador (chant, multi-instrumentiste), Matthew Earl (chant, multi-instrumentiste, production), Ali Meador (chant) et Brent Vallefuoco (guitare). Le groupe compte à son actif un EP, Incultus (2011), et trois albums : Blessed He With Boils (2012), suivi cinq ans plus tard par Of Erthe and Axen – Act I et Act II, parus à quelques mois d’intervalle.
Si ses racines plongent dans le black metal, la musique de Xanthochroid s’en détache largement. Les deux volets d’Of Erthe and Axen mêlent éléments symphoniques, folk, musique classique et passages extrêmes. L’ensemble s’inscrit dans un univers narratif dense, imaginé par Sam Meador. L’histoire raconte le conflit entre deux frères, Thanos et Ereptor, qui s’opposent pour le trône du royaume fictif de Septentria.
Un équilibre rare entre ambition et précision
L’une des forces de ce double album réside dans sa capacité à varier les ambiances sans perdre en cohérence. Le premier acte se montre plus mélodique et acoustique, tandis que le second revient à des sonorités plus sombres et typées black. Chaque titre fait l’objet d’un soin particulier, tant dans la composition que dans l’interprétation.
À l’exception de quelques parties, la majorité des instruments ont été enregistrés à domicile par Sam Meador et Matthew Earl. Ce dernier a également assuré le mixage et le mastering. Le travail de production, particulièrement abouti, met en valeur les contrastes dynamiques : le groupe sait alterner moments dépouillés et envolées orchestrales avec précision.
Une œuvre exigeante, mais gratifiante
Xanthochroid s’adresse avant tout à un public curieux et attentif. Le groupe ne se contente pas de raconter une histoire : il l’étend à travers des textes poétiques, un livre de lore dédié, voire un jeu de société. Cette approche immersive, presque littéraire, peut déconcerter les auditeurs plus occasionnels.
Musicalement, le projet pousse les limites du genre en associant des influences variées, du folk pastoral au black metal rugueux, en passant par le power metal et les harmonies classiques. Ce mélange ne séduira pas tous les publics, mais constitue une richesse pour ceux qui apprécient les œuvres complexes et conceptuelles.
