En 2019, Wage War brouillait les pistes avec Pressure

à 22h33
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En 2019, Wage War brouillait les pistes avec Pressure
© Tetralens

Avec Pressure, Wage War s’est aventuré vers des sonorités plus accessibles. Un tournant partiel qui, s’il a déconcerté une partie du public, a renforcé sa position dans la scène metalcore américaine.

Un virage assumé

Formé en 2010 à Ocala, en Floride, Wage War s’est rapidement imposé comme l’un des noms montants du metalcore américain. Après Blueprints (2015) et Deadweight (2017), le groupe a sorti en août 2019 son troisième album, Pressure, via le label Fearless Records. Produit par Drew Fulk, Andrew Wade et Jeremy McKinnon (A Day To Remember), puis mixé par Mark Lewis, ce disque marque une évolution notable dans l’écriture et le son du groupe.

Avec ses premiers extraits, Low et Who I Am, Wage War semblait vouloir consolider sa formule, faite de riffs massifs et de refrains mélodiques. Mais les titres suivants — Prison et Me Against Myself — annonçaient un virage plus accessible, pensé pour les radios rock. Un choix qui continue de diviser les auditeurs.

Une production dense, parfois écrasante

La production de Pressure est l’un de ses éléments les plus marquants. Le mix met en avant une puissance sonore impressionnante, mais cette intensité nuit parfois à l’équilibre global. Sur les morceaux plus calmes, la batterie paraît surdimensionnée. Les passages rapides de Ghost, en particulier, souffrent d’un traitement trop lisse, qui manque de naturel.

Entre metalcore et rock alternatif

Sur le plan musical, l’album oscille entre metalcore direct (Fury, Ghost, Who I Am), titres plus convenus (Prison, The Line, Will We Ever Learn) et morceaux clairement orientés rock alternatif comme Grave, Forget My Name ou Hurt. Ce dernier, bien qu’honnête, manque de relief. Un arrangement vocal plus audacieux lui aurait donné plus de portée.

Malgré cette diversité, le thème de la pression créative sert de fil rouge. Celle ressentie à chaque nouvel album, avec ses enjeux artistiques et personnels. Pressure cherche à préserver l’identité du groupe tout en s’ouvrant à un public plus large — avec des résultats contrastés.

Une réception partagée, des titres marquants

L’album reste inégal, mais certains morceaux sortent du lot. Low et Who I Am impressionnent par leur énergie. La ballade finale, Will We Ever Learn, apporte une conclusion puissante et émouvante. Le duo vocal formé par Briton Bond et Cody Quistad fonctionne bien, surtout lorsque Bond opte pour un chant plus rugueux, proche par moments de Caleb Shomo (Beartooth).

Avec le recul, Pressure s’impose comme un compromis : un disque qui aurait peut-être gagné à être plus resserré, mais qui a permis au groupe d’élargir son audience. Sur scène, ces titres prennent tout leur sens et confirment la réputation live de Wage War.

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