Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

à 22 h 31 min
Lecture 8 min.
Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo
© Tetralens

Une longue file d’impatients s’est accumulée sur le chemin d’entrée du Trabendo, bravant un fond de l’air encore frisquet en ce mois de janvier. Une preuve indéniable du succès grandissant (et mérité) de Bury Tomorrow sur le sol français. Après, entre autres, le Hellfest 2022, le show commun avec While She Sleeps au Bataclan, ou encore en première partie d’August Burns Red, ils nous reviennent cette fois-ci en headliners. Poursuivant ainsi la promotion du dernier album The Seventh Sun, concentré de titres tubesques.

Pour les accompagner ce soir et sur le reste de la tournée européenne, une belle affiche : Kingdom Of Giants et We Came As Romans.

Et c’est dans une salle affichant complet et équipée de crash barrières ce soir (oui, c’est assez rare pour être remarqué) que débute la soirée.

Texte et photos par Tetralens (tetralens.com)

Kingdom Of Giants

La population semble en partie découvrir, tout comme moi, ce groupe. Sans avoir été totalement subjuguée, j’apprécie l’énergie proposée sur scène et les titres offerts, qui mettent, à quelques exceptions près, la foule dans l’ambiance et des sourires sur les visages.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Metalcore précis et technique, enrichi d’une dimension mélodique, et arrangé avec une certaine dose d’effets qui me laisse un effet un peu Novelists.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

On apprécie l’efficacité des breakdowns et des nappes électroniques fluides en fond, comme sur Wasted Space ou Bleach, où la voix claire ajoute un peu d’emphase.

La restitution du son est quelque peu étrange, cela dit, avec une sur-présence des basses.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Un set qui se clôt sur Wayfinder, dont je trouve la version studio bien plus riche, avec des lignes de clavier futuristes superposées à un chant crié sur une mélancolie générale qui mérite le détour.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Setlist :

  • Burner
  • Night Shift
  • Wasted Space
  • Cash Out
  • Sync
  • Bleach
  • Wayfinder

We Came As Romans

Quelques impatients se manifestent dans un public de plus en plus dense où il commence à être compliqué de se frayer un chemin. J’entends aussi ça et là de vagues déceptions concernant le dernier album.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Néanmoins, c’est sans a priori que je découvre We Came As Romans pour la première fois en live sur Darkbloom, titre éponyme du dernier album de 2022. Les Américains nous montrent dès ce premier titre toute l’aisance de leur implication sur scène, avec de belles interactions avec le public, qui font mentir les hésitants. Un chant growlé dévastateur, surplombant des passages chorals, même si je trouve qu’il n’est pas assez mis en valeur ce soir.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Mais comme pour pas mal de groupes allant du Post-Hardcore au metalcore voire au Deathcore (heureusement), la performance live est souvent gage de beaucoup plus de puissance que les versions studio un peu lisses ou trop arrangées. La performance se poursuit avec un accent clairement mis sur le dernier album, notamment avec Plagued et Daggers, et à la marge, je pense, le seul titre outsider : Wasted Age.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Une belle performance qui a clairement fait monter la température du Trabendo et vu des slams et circle pit fleurir dans la fosse.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Setlist :

  • Darkbloom
  • Doublespeak
  • Wasted Age
  • Plagues
  • Black Hole
  • Daggers

Bury Tomorrow

Après un changement de plateau qui permet à beaucoup de reprendre ses esprits, de se désaltérer, ou de dévaliser le merch, on y est, c’est l’heure des têtes d’affiche.

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Même à l’étroit dans ce pit photo minuscule, on sent l’atmosphère frémissante de la tension avant la tempête. Et quelle claque ! Le choix de The Seventh Sun (concentré de rage et de précision rythmique) pour lancer le set donne le ton d’une setlist axée sur une performance décapante, et l’occasion de rappeler au public que Bury, avec ce dernier opus, sait se renouveler sans cesse, sans perdre leur essence. La soirée s’enchaîne avec le déroulé de l’album, donc avec, pour suivre, Abandon Us, accueilli par le public par des essais de démonter les crashs, des headbangs à profusion, des corps dans tous les sens au-dessus du public… Ce titre contient la quintessence d’une des caractéristiques qui fait Bury Tomorrow, des séquençages dans les textes, et le choix des mots qui participent eux-mêmes dans leur sonorité à rythmer le titre. Quand la sonorité des mots eux-mêmes est le vecteur du message profond au-delà de leur signification, on sent toute la finesse de l’écriture.

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Côté musiciens, rien à dire, Danny Winter-Bates est survolté et en très grande forme, comme à son habitude très engagé avec le public, Davyd Winter-Bates est très présent aussi, et joue beaucoup à faire des facéties avec le public et avec la scénographie qu’ils ont enfin pleinement adoptée, et qui s’est perfectionnée depuis le Bataclan l’an dernier. Kris et Ed semblent un peu moins engagés, eux qui sont d’habitude très mobiles, mais leur présence musicale est bien concrète et qualitative.

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Danny remarque un slameur sur la transition entre deux titres, dont l’un plus calme, Begin Again, est assez peu à propos. “Never seen someone slaming at such a bad time !” ; rires généralisés, mais cela ajoute au plaisir d’être de retour à Paris et à l’accueil (très) chaleureux du public.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Comme une manifestation en musique de la température et de l’hygrométrie ambiante, les Britanniques enchaînent avec Man On Fire, ce classique de 2014 (Runes) sur lequel on entend un peu mieux Tom dans son chant clair. Les slams à ce stade vont se poursuivre et s’intensifier jusqu’à la fin du concert.

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Sur Life, Danny est complètement en nage et la foule aussi, dont l’engagement est formidable, à quasiment tous les titres, Boltcutter, The Grey, et que dire de Black Flame ! Ce titre phare du groupe qui déclenche un circle pit (un de plus).

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On a à peine le temps de reprendre son souffle que la tornade Heretic (un duo avec Loz Taylor de While She Sleeps en studio) débute par le duo de batterie d’Adam Jackson et le chant hurlé de Danny Winter-Bates, rejoints par les lignes de basse et de guitare, et ici, la partie vocale claire assurée par Tom Pendergast. La tension est loin d’être retombée lorsque retentit l’intro de Cannibal à la batterie et au clavier, avec à nouveau ses paroles caractéristiques scandées avec diction et précision sur un rythme exacerbé, et enveloppées par les lignes de clavier et de guitare, suivies des parties vocales claires, formant un ensemble immersif et chargé d’émotion.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Le concert touche à sa fin et Bury Tomorrow décide de nous achever avec Choke – frénésie générale dès les premières notes de guitare rythmique si identifiables, puis ces rugissements qui semblent avoir la capacité de libérer nos rages enfouies.

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Pour clore la soirée, Death (Ever Colder) est le théâtre de l’apothéose des corps qui s’entrechoquent et tournent dans les airs. À ce stade, la chaleur est telle que sol et murs sont ruisselants de condensation, et les pouls s’emballent, les cœurs emplis d’émotions fortes. Et on en redemande encore. C’est ça l’effet addictif de Bury Tomorrow…

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Du metalcore de qualité, une ambiance de folie, et pour nos têtes d’affiche, une setlist bien équilibrée avec The Seventh Sun au premier plan, ainsi que plusieurs de leurs titres antérieurs les plus populaires.

Tempêtes et Frissons : Le Triomphe de Bury Tomorrow au Trabendo

Une soirée étourdissante et excellente qui m’a même fait oublier mes douleurs de dos, et une fois de plus me dire que des moments comme ça nourrissent. Ce type de moment où on sait qu’on est pile à sa place, en live, au milieu de gens positifs.

Setlist :

  • The Seventh Sun
  • Abandon Us
  • Begin Again
  • Man on Fire
  • An Honourable Reign
  • LIFE (Paradise Denied)
  • The Grey (VIXI)
  • Black Flame
  • Knife of Gold
  • Boltcutter
  • Wrath
  • Heretic
  • Cannibal
  • Choke
  • DEATH (Ever Colder)

À propos de Tetralens

Cet article a été rédigé par Tetralens, qui est également la propriétaire de toutes les photos que vous avez vues ci-dessus.

Tetralens est une photographe basée à Paris. Si vous souhaitez discuter avec elle de son travail et/ou collaborer avec elle, vous trouverez toutes ses informations ci-dessous !

TETRAlens rassemble toutes les expressions de mon travail photographique, récent ou datant de plusieurs années. J’y présente principalement un extrait de mes captures de concerts live, essentiellement issus de la scène Metal et Rock, ainsi qu’un petit aperçu de mes autres sujets photographiques, tels que les paysages, les détails et l’architecture. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu capturer à travers mon objectif ce que mes yeux voulaient immortaliser : le tranchant d’une lumière, la force d’un instant, la douceur d’un regard, l’énergie d’un moment, ces choses qui rendent le monde plus beau. Depuis mon plus jeune âge, cette passion m’a suivi dans mon quotidien ou dans mes voyages, mes yeux regardant constamment la nature, les villes et les gens comme une source d’inspiration pour nourrir mon expression artistique. Le canal le plus emblématique étant la musique live, les événements à travers lesquels l’humain est un vecteur des vibrations les plus positives.