Revoir enfin Horskh ! Voilà une perspective réjouissante !
Backstage by the Mill, ouverture des portes. La salle n’accueille pour le moment que peu de monde, mais les sourires et quelques tenues très stylées commencent à apparaître.
Texte et photos par Tetralens (tetralens.com)
Sonic Area
Au démarrage du set de Sonic Area, le calme règne. Le soliste (Arnaud) apparaît à sa platine sur une mise en scène minimaliste. Une table, quelques fleurs lumineuses bleues, des lueurs rouges en arrière-plan, et un artiste masqué à la façon d’un catcheur esthète, un torque argenté autour du cou. C’est tout. Pas tellement besoin de plus en même temps.
Son univers électro immersif est une invitation au voyage, à l’introspection. L’atmosphère se prête à un public certes très apaisé mais totalement captivé par la musique, pour la majorité. Quelques dissidents restent en retrait dans l’attente du set de Horskh, et de sonorités un peu plus musclées.
La tonalité japonisante de Ki, dernier opus de Sonic Area, est mise à l’honneur dans le set de ce concert.
Horskh
Enfin, nous attendions depuis 2018 de revoir le groupe de Besançon en tête d’affiche à Paris. Découverts pour ma part en ouverture d’Igorrr en 2021, ils avaient illustré à merveille le principe de la bonne surprise du premier groupe à ne pas rater ! Une énergie brute, un son coupant, où les éléments électro potentialisent avec précision le noyau industriel de leur musique, et où l’ombre des mélodies tourne aux lueurs verdâtres et toxiques. Et le tout dans un échange positif malgré tout. Mais comment font-ils cela ? Des alchimistes sûrement.
Le désormais trio à l’esthétique étudiée et appropriée à leur expression stylistique porte fort bien leur blaze « onomatopée ». On oublie tout le temps d’une soirée, on se laisse porter, corps rageurs, étourdis par les vapeurs du lâcher-prise, par les grincements, la course effrénée, les arrangements iridescents, et la voix haut perchée criée, comme un appel au secours au fond d’un tunnel sombre et humide. Parfait alliage entre grunge, néo indus et metal électro.
Une rythmique en titane embarque très rapidement l’audience prête à en découdre, un mosh pit brutalement bon enfant, l’ambiance est folle et les musiciens sont dans l’expression d’un partage constant avec la fosse. Cette attitude, les lumières frénétiquement déchirantes puis ténébreuses participent à merveille à transformer la salle en rave “pocket size”, comme une fête entre amis, et c’est très réussi.
La setlist est bien composée, sans temps mort (vous me direz que c’est normal avec la musique de Horskh – Horchque ? Horskch ? Chacun y va de son interprétation linguistique). Leur musique recharge les batteries d’un panel d’échappés de Mad Max qui cohabitent avec des gars visiblement habitués à pousser de la fonte sur du metal industriel, ou des filles en robe à fleurs qui semblent en transe comme à Woodstock. Un plaisir de constater une fois de plus que la musique rapproche les gens plutôt qu’elle ne les divise.
Une efficacité qui touche de plus en plus de monde, Horskh semble prêt à conquérir le pays, le continent, le monde (rire de dément mégalo) ! Et ce serait parfaitement mérité. Leur popularité évolue crescendo depuis Dawn en 2015, pour aujourd’hui faire de Body, album sorti en janvier 2024, l’un des opus les plus salués de cette année. Avec des titres à écouter absolument comme Interface, XlungX ou encore Tension… Cela ne dispense pas les nouveaux auditeurs de se tourner vers les opus précédents, qui recèlent d’autres pépites comme l’emblématique Trying More, Set on Fire, ou Damaged Ropes, que j’affectionne tout particulièrement.
Encore un bijou atypique d’Agence Singularités qui nous a permis d’assister à la performance de ce soir.
À très vite Horskh ! Horshkch ? Horcheke ? Bon, personne ne saura…
À propos de Tetralens
Cet article a été rédigé par Tetralens, qui est également la propriétaire de toutes les photos que vous avez vues ci-dessus.
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TETRAlens rassemble toutes les expressions de mon travail photographique, récent ou datant de plusieurs années. J’y présente principalement un extrait de mes captures de concerts live, essentiellement issus de la scène Metal et Rock, ainsi qu’un petit aperçu de mes autres sujets photographiques, tels que les paysages, les détails et l’architecture. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu capturer à travers mon objectif ce que mes yeux voulaient immortaliser : le tranchant d’une lumière, la force d’un instant, la douceur d’un regard, l’énergie d’un moment, ces choses qui rendent le monde plus beau. Depuis mon plus jeune âge, cette passion m’a suivi dans mon quotidien ou dans mes voyages, mes yeux regardant constamment la nature, les villes et les gens comme une source d’inspiration pour nourrir mon expression artistique. Le canal le plus emblématique étant la musique live, les événements à travers lesquels l’humain est un vecteur des vibrations les plus positives.