À l’heure où le monde rend hommage à Ozzy Osbourne, disparu le 22 juillet 2025, nous avons choisi de revenir sur l’un de ses témoignages les plus intimes : son regard sur la musique moderne, entre franchise, nostalgie et transmission.
“Tout du réchauffé” : Ozzy Osbourne donnait son avis personnel sur la musique contemporaine
Dans une interview accordée à Jack Black et Kyle Gass pour Metal Hammer (en 2023), Ozzy Osbourne avait partagé son ressenti sur l’évolution de la musique. Ces propos avaient été relayés dans cet article de MetalZone, où l’on découvrait un artiste resté profondément attaché à ses racines musicales.
Il se souvenait notamment de l’impact des Beatles et des Kinks sur sa jeunesse : “Putain, quand j’ai entendu You Really Got Me des Kinks, je l’ai acheté et je l’ai écouté à mort”. Mais il avouait avoir du mal à retrouver ce frisson dans les productions plus récentes : “Ce n’est plus le cas avec la musique que j’entends aujourd’hui. Je n’écoute pas beaucoup de musique moderne. Il n’y a rien de nouveau ; c’est tout du réchauffé.”
Un avis tranché, mais toujours formulé avec humilité. Ozzy refusait d’ailleurs toute glorification de son rôle dans l’histoire du genre : “Si les gens veulent croire qu’on a inventé le heavy metal, c’est super. Mais je ne me promène pas en disant : ‘J’ai inventé ceci ou cela…’” Il préférait saluer Tony Iommi comme le véritable artisan du son de Black Sabbath : “C’était le boss. Je n’ai encore jamais rencontré de guitariste capable de jouer des riffs aussi démoniaques.”
Un héritage à transmettre, un avenir à inventer
Si Ozzy Osbourne exprimait une certaine lassitude face à la musique moderne, son point de vue n’avait rien de définitif. Il s’agissait d’un témoignage subjectif, à replacer dans le contexte d’un parcours marqué par les débuts du hard rock et du heavy metal. Ce sentiment, partagé par d’autres artistes de sa génération, n’empêche pas le genre d’évoluer et de se réinventer sans cesse.
Depuis plusieurs décennies, le metal a connu une transformation profonde. L’émergence des technologies numériques, la démocratisation des outils de production et le décloisonnement des genres ont favorisé l’apparition de nouveaux sons. Post-metal, metalcore, djent, blackgaze, electro-metal : les hybridations se multiplient, dessinant un paysage aussi mouvant que stimulant.
Cette diversité, que certains perçoivent comme un éloignement des racines, peut aussi être vue comme une forme de fidélité à l’esprit pionnier du genre. Le metal a toujours été un terrain d’expérimentation, et les artistes d’aujourd’hui prolongent, à leur manière, l’élan impulsé par les figures fondatrices comme Ozzy Osbourne.
Un hommage au passé, une porte ouverte sur l’avenir
Rappeler aujourd’hui ces mots d’Ozzy Osbourne, c’est aussi rendre hommage à sa sincérité, à sa passion pour la musique et à l’exigence qui l’animait. Le “Prince des Ténèbres” est mort le 22 juillet 2025, peu après un concert d’adieu bouleversant à Birmingham, comme détaillé dans cet article.
Ses compagnons de Black Sabbath ont salué leur “frère” avec émotion, comme on peut le lire ici, tandis que des groupes comme Metallica, Judas Priest ou Ghost ont souligné son influence historique, comme évoqué dans cet autre article.
Ce regard lucide, parfois critique, d’un géant du rock n’est pas un verdict figé. Il est le reflet d’une époque et d’une sensibilité. Aujourd’hui, alors que son œuvre continue d’inspirer des générations de musiciens, c’est à chacun de prolonger cette histoire, d’inventer de nouveaux sons, et de faire vivre le feu sacré du metal, avec respect, audace et liberté.