Contre toute attente, le plus gros succès commercial de Metallica n’est ni Enter Sandman, ni Nothing Else Matters, mais un morceau souvent oublié : Until It Sleeps, sorti en 1996. À l’époque, il avait déconcerté pas mal de fans. Et pourtant, près de trente ans plus tard, c’est toujours celui qui a le mieux marché dans les classements.
Un tournant musical inattendu
Mis en ligne le 20 mai 1996, en amont de l’album Load, Until It Sleeps a immédiatement cartonné. D’après Metal Hammer, il a atteint la 5e place des charts aux États-Unis et au Royaume-Uni — un record pour Metallica — et s’est classé numéro 1 en Australie et en Suède.
Le morceau est né par hasard, au cours d’un échauffement en studio. Plus lent, plus atmosphérique, il tranche clairement avec le son habituel du groupe. Metallica s’ouvre alors à des influences plus alternatives. James Hetfield y évoque la mort de son père, survenue peu avant l’enregistrement : “Je lui ai fait comprendre qu’il n’y avait pas de rancune. Sa disparition m’a aidé à apaiser pas mal de colère”, confiait-il en 1996 à Rolling Stone.
Un clip marquant, une image qui divise
Pour accompagner ce virage, le groupe fait appel à Samuel Bayer (réalisateur de Smells Like Teen Spirit) pour un clip volontairement déroutant. Inspiré des œuvres de Jérôme Bosch, il montre les musiciens dans des tableaux surréalistes : Hammett sur une croix, Newsted couvert de boue, Hetfield recouvert de goudron noir… L’ambiance est radicalement différente.
Avec le recul, Hetfield a reconnu qu’il n’était pas à l’aise avec ce changement : “Avoir une image, en soi, ça ne me dérange pas, mais si ce n’est pas toi, ça ne colle pas”, expliquait-il à Classic Rock, en précisant qu’il avait retiré plusieurs photos du livret de Load.
Metallica, toujours bien vivant en 2025
Près de trois décennies plus tard, Metallica est toujours sur la route. Le groupe poursuit sa tournée M72, lancée en 2023 avec l’album 72 Seasons. Le 15 novembre, à Sydney, Kirk Hammett et Robert Trujillo ont rendu hommage au public australien avec des reprises d’AC/DC et de Rose Tattoo.
À 61 ans, Lars Ulrich continue d’assurer derrière les fûts, grâce à une discipline stricte : “Il n’y a pas de circuit senior dans le rock. Si tu veux continuer encore dix ou vingt ans, il faut être au top”, déclarait-il récemment lors du Mill Valley Film Festival. Une longévité qui donne encore plus de relief à un titre comme Until It Sleeps.

