Doc McGhee, manager historique de Kiss, estime que l’industrie musicale a échoué à s’adapter aux bouleversements technologiques des 25 dernières années, entraînant une chute des revenus pour les artistes émergents.
Une industrie figée face au numérique
Invité du Joe Pavich Podcast, Doc McGhee — connu pour avoir accompagné les carrières de Kiss, Bon Jovi ou Mötley Crüe — a critiqué l’incapacité de l’industrie musicale à s’adapter aux mutations technologiques. Il cite l’exemple de Napster : “Quand ces cinq jeunes sont arrivés avec une solution numérique, ils ont proposé de l’adopter. L’industrie leur a répondu : ‘L’Internet va disparaître. On va vous poursuivre.’ Résultat : on a tué le disque.”
Selon lui, les maisons de disques ont raté une occasion de transition vers le téléchargement légal, laissant la place à une économie de la dématérialisation sans cadre équitable pour les artistes.
Un modèle économique déséquilibré
Doc McGhee pointe également l’impact destructeur de l’arrivée des capitaux extérieurs dans le secteur : “C’était comme un récif : chacun y trouvait sa place. Puis les fonds d’investissement sont arrivés et ont tout absorbé. Aujourd’hui, le gamin qui sort du lycée et écrit un tube ne gagne presque rien, car tout passe par le streaming, capté par les plateformes et les labels.”
Il regrette qu’en dehors des artistes établis, peu puissent vivre de leur musique. La seule source de revenus viable reste la scène : “Avant, on faisait des tournées pour vendre des disques. Maintenant, on fait des disques pour vendre des tournées.”
Des voix comme celles d’Ash Avildsen, Wolfgang Van Halen ou Jen Majura partagent ce constat : un secteur dominé par la logique financière, peu favorable aux créateurs humains.