Longtemps cantonnée aux plateformes en ligne, Sophie Lloyd a dû affronter une épreuve plus intime au moment de se confronter à la scène : un trac persistant qui freinait ses envies de concerts. Aujourd’hui installée parmi les guitaristes les plus en vue de sa génération, la musicienne britannique revient sur ce cheminement et sur les expériences qui lui ont permis de dépasser cette anxiété.
Une anxiété renforcée par l’isolement
Dans une interview accordée à Premier Guitar, relayée par Guitar World, Sophie Lloyd explique que son trac s’est nettement accentué durant la période du Covid. Tandis que sa notoriété en ligne continuait de croître, l’idée même de jouer en public devenait de plus en plus difficile à envisager : “J’étais nerveuse même en jouant devant mes parents. J’évitais les concerts à tout prix”, confie-t-elle, comme l’a rapporté Premier Guitar.
À cette période, sa carrière repose essentiellement sur le numérique. Très active sur YouTube, où elle réunit aujourd’hui plus de 1,3 million d’abonnés, la guitariste trouve derrière la caméra une forme de refuge. Les sessions diffusées sur Twitch lui permettent ainsi de rester active musicalement, tout en conservant une distance qu’elle juge plus sécurisante.
Le choc des grandes scènes avec Machine Gun Kelly
Le véritable déclic survient en 2022, lorsqu’elle décroche le poste de guitariste au sein du groupe de Machine Gun Kelly. En l’espace de quelques jours, Sophie Lloyd passe de prestations devant une cinquantaine de personnes à des concerts en arènes réunissant plus de 13 000 spectateurs. Elle se souvient de cette transition aussi brutale que déterminante : “Le week-end précédent, je jouais devant cinquante personnes, et deux jours plus tard dans une arène. C’était un saut énorme, mais j’ai ressenti que c’était exactement là que je devais être”, raconte-t-elle.
Depuis, la musicienne estime avoir largement dépassé cette peur de la scène. Elle cite notamment sa performance en solo lors de la finale de la Coupe du monde féminine de rugby à Twickenham, vécue avec assurance devant plus de 80 000 spectateurs. Une étape symbolique dans un parcours désormais marqué par l’équilibre entre tournées internationales et développement de sa carrière solo, illustrée par l’album Imposter Syndrome.