À l’heure où Megadeth aborde la dernière phase de son histoire, Dave Mustaine regarde dans le rétroviseur. Entre règlements de comptes et volonté d’apaisement, le frontman revient sur son passé avec Metallica et affirme que le groupe a longtemps freiné son ascension.
Un ressentiment tenace, désormais exprimé avec recul
Dans un entretien accordé au Los Angeles Times, Dave Mustaine replonge dans les premières années de Megadeth et dans la rivalité née après son éviction de Metallica en 1983.
Avec le recul, il affirme que le groupe faisait partie de ceux qui tentaient de lui barrer la route : “Franchement, où en serais-je aujourd’hui si l’un des plus grands groupes au monde n’avait pas passé son temps à essayer de me freiner ?”
S’il reconnaît que cette période appartient désormais au passé, il n’en minimise pas l’impact : “Ils ne le font plus aujourd’hui, mais à l’époque, ça me laissait souvent perplexe.”
Mustaine élargit d’ailleurs le constat : “Et ce n’était pas seulement Metallica, c’était tout le monde. Pendant longtemps, c’était vraiment moi contre le monde. C’était : si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi.”
Cette adversité a nourri l’identité de Megadeth, fondé dans la foulée de son renvoi. Mais à mesure que la fin se profile, le discours évolue.
Des tensions persistantes, mais une main tendue
Malgré plusieurs tentatives de rapprochement au fil des décennies, les relations entre Mustaine, James Hetfield et Lars Ulrich demeurent fragiles. Leur dernier différend public remonte au litige autour de la démo No Life ’Til Leather en 2016.
Sur son album d’adieu Megadeth, Mustaine a inclus une reprise de Ride The Lightning, qu’il avait coécrite avant son départ. Un choix pensé comme une manière de “boucler la boucle”. Aucun membre de Metallica ne l’a contacté à ce sujet.
Il l’admet sans détour : “Il se peut que je n’aie plus jamais l’occasion de dire bonjour à James ou à Lars. Je savais que cette reprise serait difficile à accepter pour certains, mais ce n’est pas grave.”
Et de poursuivre : “Si ça leur plaît, très bien. Si ça ne leur plaît pas, très bien aussi. S’ils l’écoutent, tant mieux. S’ils ne l’écoutent pas, tant pis.”
Le ton devient plus apaisé lorsqu’il évoque le passé : “J’ai passé de très bons moments dans Metallica, et nous avons accompli quelque chose d’énorme. C’est dommage ce que l’alcool a provoqué, mais nous étions des gamins.” Avant d’ajouter : “Nous devrions être amis. Il n’y a aucune raison pour que nous ne le soyons pas.”
Megadeth au sommet avant le dernier acte
Ce discours intervient alors que Megadeth traverse une période à la fois triomphale et crépusculaire.
Son ultime album studio, Megadeth, paru fin janvier via le label Tradecraft, a débuté à la première place du Billboard 200 avec 73 000 unités équivalentes, dont 69 000 ventes pures. Le disque s’est également classé numéro un en Australie et en Autriche, et a intégré le top 5 dans de nombreux pays.
Atteint d’une contracture de Dupuytren, Dave Mustaine a confirmé que cet album serait le dernier du groupe. La tournée d’adieu This Was Our Life, lancée à Victoria le 15 février, doit s’étendre sur plusieurs années.
Le batteur Dirk Verbeuren a indiqué qu’un album live pourrait documenter cette tournée, sous la forme d’un enregistrement rétrospectif capté lors de plusieurs concerts et couvrant un large éventail de titres.
Megadeth poursuivra sa tournée mondiale dans les prochains mois.
