Pour Max Cavalera, le véritable danger d’une longue carrière n’est pas de perdre son inspiration, mais de perdre le sens des réalités. Dans une nouvelle interview, le leader de Soulfly explique pourquoi il refuse de céder au syndrome de la rock star, malgré plus de quarante ans passés au sommet de la scène metal.
Le musicien brésilien estime que les épreuves comptent autant que les succès dans la construction d’une carrière. Et s’il croit profondément au pouvoir de la musique, il rappelle aussi qu’il est essentiel de garder les pieds sur terre.
« Je n’aime pas l’attitude des grandes rock stars »
Invité de Rock FM România, Max Cavalera s’est vu demander ce qui, selon lui, distingue un artiste devenu une légende d’un musicien qui traverse simplement les années. Sa réponse ne tient pas à une formule magique : elle repose sur le temps, les épreuves… et l’humilité.
« La longévité y est pour beaucoup. Le nombre d’années que l’on consacre à cette activité aide énormément. Mais rien n’a jamais été facile. Il y a eu des épreuves, des chagrins, des tragédies. On ne peut pas séparer les mauvais moments des bons : ils font tous partie du voyage. »
L’ancien chanteur de Sepultura insiste surtout sur un point : malgré son parcours, il refuse de se prendre pour une vedette inaccessible.
« Ce que j’essaie de faire, et qui me paraît très important, c’est de ne pas prendre la grosse tête comme une grande rock star. Je n’aime pas cette attitude. Je préfère garder les pieds sur terre. Avec mon fils dans le groupe, ma femme et toute notre équipe, si je commence à prendre la grosse tête, ils me ramènent immédiatement à la réalité. »
Une philosophie qui ne surprendra pas ceux qui suivent son actualité. Plus tôt cette année, Max Cavalera expliquait déjà que sa famille comptait bien davantage que les récompenses ou les Grammys, une vision qu’il continue manifestement d’appliquer au quotidien.
Le metal a son importance… mais chacun doit rester à sa place
Le frontman de Soulfly reconnaît volontiers que la musique peut transformer des vies. En revanche, il estime que les artistes commettent parfois l’erreur de croire que leur métier est plus important que tout le reste.
« Dans ce métier, il est très facile de croire que ce que l’on fait est la chose la plus importante au monde. Mais ce n’est pas le cas. Il y a des gens qui cherchent des traitements contre le cancer ou qui interviennent dans les guerres ; ce qu’ils font est bien plus important. »
Il nuance toutefois immédiatement son propos : « Je crois aussi que la musique possède quelque chose de magique. Elle aide les gens. À notre manière, nous essayons nous aussi de rendre le monde un peu meilleur grâce au metal et à la musique. »
Ce regard lucide fait écho aux nombreuses épreuves traversées par le musicien au fil de sa carrière, auxquelles il fait d’ailleurs référence dans cette interview. Il s’inscrit également dans la continuité de ses prises de parole récentes, où il défend une vision de la musique davantage fondée sur la passion et la transmission que sur le prestige.
Soulfly reprendra la route cet automne
Cette interview intervient alors que Soulfly s’apprête à repartir en tournée aux États-Unis. Les 25 concerts débuteront au festival Louder Than Life avant de s’achever le 15 octobre à Tempe, en Arizona. Nailbomb, le projet culte fondé par Max Cavalera et Alex Newport en 1993, partagera l’affiche avec le groupe, aux côtés d’Incite, mené par Richie Cavalera.
Soulfly poursuivra également la promotion de Chama, son treizième album studio, paru en octobre 2025 et coproduit par Zyon Cavalera et Arthur Rizk.
