Carlos Santana se souvient du jour où la guitare a changé sa vie : “C’était mystique”

(Mis à jour le ) à 18h40
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Carlos Santana se souvient du jour où la guitare a changé sa vie : “C’était mystique” © Sterling Munksgard, Shutterstock.com

Pour Carlos Santana, la guitare n’a jamais été un simple instrument. Bien avant Woodstock, les albums cultes et les solos devenus mythiques, le musicien mexicain a vécu une expérience qu’il décrit encore aujourd’hui comme quasi mystique. Une révélation fulgurante qui a bouleversé sa vie et façonné l’un des jeux les plus reconnaissables de l’histoire du rock.

Dans une interview accordée à Guitar World en 2021, Santana replongeait dans ce souvenir fondateur : la première fois qu’il a entendu une guitare électrique. Un moment si fort qu’il continue, des décennies plus tard, à en parler comme d’une expérience spirituelle.

“Comme une apparition d’anges et de lumière”

Avant de devenir l’un des guitaristes les plus influents de sa génération, Carlos Santana suivait un chemin bien différent. Son père, musicien mariachi, lui enseignait le violon et espérait naturellement le voir poursuivre dans cette voie. Mais un simple son allait tout faire basculer.

Alors qu’il entend un guitariste jouer dans la rue, le jeune Santana ressent immédiatement quelque chose d’inexplicable. Pas une simple curiosité musicale, mais un véritable choc émotionnel.

“C’était mystique, comme une apparition d’anges et de lumière, ou comme voir une soucoupe volante pour la première fois. J’ai ressenti une sorte d’orgasme spirituel. Tout est arrivé d’un coup.”

Cette image presque cosmique résume parfaitement la relation que Santana développera ensuite avec son instrument. Chez lui, la guitare ne sert pas uniquement à jouer des notes : elle devient un langage spirituel, une extension directe des émotions.

Le blues comme révélation absolue

Santana n’a jamais su qui était ce guitariste qui l’avait autant marqué. En revanche, il se souvient encore précisément du son qu’il produisait. Selon lui, son jeu évoquait déjà celui de figures majeures du blues comme BB King, Lonnie Mack ou Peter Green.

Il expliquait d’ailleurs : “Ce type avait un toucher incroyable. Pour moi, ce son a été la porte d’entrée vers l’éternité.”

Tout Santana semble déjà contenu dans cette phrase. Le feeling avant la démonstration, la recherche d’émotion avant la performance pure, et surtout cette capacité à faire “chanter” chaque note comme si elle portait quelque chose de plus grand.

Ce mélange de blues, de spiritualité et de lyrisme deviendra ensuite la marque de fabrique du musicien, des premières années du Santana Blues Band jusqu’aux albums qui feront de lui une superstar mondiale.

Les jukebox ont aussi construit le son Santana

À la même époque, le futur guitar hero travaille dans des restaurants. Entre la plonge, les cuisines et les tâches répétitives, la musique devient rapidement son échappatoire. Les jukebox présents dans ces établissements jouent alors un rôle essentiel dans son éducation musicale.

Santana racontait consacrer la totalité de son argent à écouter des disques : “Je dépensais tout mon argent là-dedans. Il passait de tout, de King Curtis à John Lee Hooker. Sans ça, j’aurais perdu la tête à force de faire la vaisselle et d’éplucher des pommes de terre.”

Cette immersion permanente dans le blues, la soul et le rhythm and blues nourrit progressivement son identité artistique. Bien avant Abraxas, Woodstock ou les tournées gigantesques, Carlos Santana forge déjà sa vision de la musique : quelque chose de profondément émotionnel, libre et habité.

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