Review de Artificial Void par Unprocessed

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Review de Artificial Void par Unprocessed

Artificial Void par Unprocessed

Artificial Void est bien exécuté mais un peu trop lisse.

Note globale

Authenticité
Composition
Production
3.5

Unprocessed va bientôt sortir un nouvel album. La première question que vous vous posez est probablement : “Does it djent?”. Et oui, Artificial Void “djents”, mais peut-être un peu trop.

Unprocessed en quelques mots

Unprocessed est un groupe de Metal Progressif allemand fondé en 2013 à Wiesbaden. Il est aujourd’hui constitué de Manuel Gardner Fernandes (chant/guitare), Christoph Schultz (guitare), Christopher Talosi (guitare), David Levy (basse) et Leon Pfeifer (batterie).

À ce jour, le groupe a publié 3 albums (In Concretion en 2014, Perception en 2016 et Covenant en 2018), et s’apprête à en sortir un nouveau intitulé Artificial Void, le 9 août 2019, via Long Branch Records. Les pré-commandes sont disponibles ici.

Du Metal Progressif moderne

Artificial Void procure un voyage sans détour dans le paysage du Metal Progressif moderne. Dès le riff d’intro de la première chanson intitulée Prototype, l’auditeur est aspiré. On ressent tout de suite les influences du groupe : Tesseract, Polyphia et Animals As Leaders, pour citer les plus évidentes.

L’univers sonore d’Unprocessed est très technique. Le solo en fin de morceau décalque la face, et on peut déjà cocher les cases habituelles du genre : des cris, du chant, des grooves, des ambiances, des éléments électroniques, de la virtuosité…

Des influences musicales très marquées

Sur la chanson éponyme, on retrouve également des grooves entraînants et des ambiances. Ruins, elle, a un magnifique riff clean, qui ressemble beaucoup à du Polyphia. Ensuite, arrive Fear avec son riff principal mi-gratté mi-slappé à la Animals As Leaders. Puis, il y a Antler’s Decay, un morceau lourd et groovy qui relance le niveau d’agression, qui redescend ensuite avec la piste plus progressive intitulée Down The Spine.

Il y a une vraie dynamique dans l’album, ainsi qu’une forme de progression. C’est donc bien écrit. Les musiciens ont un super niveau, et c’est dommage de ne pas les entendre exploiter encore un peu plus leurs capacités de compositeurs. Essaient-t-ils de rentrer dans une niche particulière ou sont-ils de profonds fans de Djent ?

Another Sky est un morceau plus lent, avec du piano en intro. The Movements, Their Echoes ressemble beaucoup à une chanson de Monuments. Enfin, Closure, la piste finale, est un interlude instrumental avec des éléments électroniques. C’est une excellente outro rafraîchissante, qui laisse l’auditeur sur une belle note.

Force est de constater qu’il s’agit d’un album varié et bien construit. Néanmoins, le groupe ne se démarque pas des masses. Ce phénomène est également illustré par le choix des visuels pour l’album. Quelques clips ont été publiés pour la promotion de Artificial Void, et eux non plus ne sont pas très originaux. Ils sont bien exécutés, mais un peu basiques. Cependant, l’artwork est excellent. En plus d’être esthétiquement beau, il est cohérent avec le thème et le titre de l’album.

Unprocessed est soutenu par le gouvernement allemand

Niveau production, le tout a été réalisé par Manuel Gardner Fernandes et Marco Kollenz. L’album a été soutenu par Initiative Musik gGmbH, via des fonds accordés par le gouvernement allemand pour son programme dédié au développement de la culture et des médias. Je tiens à souligner que c’est une agréable surprise de voir un projet qui a réellement du potentiel être subventionné.

La production est bonne, mais pas phénoménale non plus. Elle est typique de ce qu’il se fait de nos jours dans ce style. Les paroles sont elles aussi typiques du genre, en terme de thèmes et de manière d’écrire. C’est relativement vague, un peu philosophique, un peu poétique, et on n’est pas sûr que le sujet de la chanson soit bien défini…

Artificial Void est bien exécuté mais un peu trop lisse

Au final, Artificial Void est un bon album de Metal Progressif. Le groupe ne repousse pas les limites du genre, mais fait preuve d’une virtuosité fascinante. Malgré tout, Artificial Void aurait grandement bénéficié d’un peu plus de personnalité. Tout est techniquement bon, mais rien ne me fait vraiment accrocher.

Chansons préférées de Artificial Void : Prototype, Fear, The Movements, Their Echoes