Les 10 meilleurs albums de retour jamais enregistrés dans le metal et le rock

(Mis à jour le ) à 17h07
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Les 10 meilleurs albums de retour jamais enregistrés dans le metal et le rock

Revenir est facile. Revenir avec quelque chose à dire l’est beaucoup moins.

Le rock et le metal regorgent de reformations nostalgiques et de retours qui n’ajoutent finalement pas grand-chose à l’histoire. Les dix albums ci-dessous ont réussi l’inverse : reprendre une carrière interrompue sans simplement rejouer le passé.

Surgical Steel (2013) de Carcass

Dix-sept ans après Swansong, Carcass aurait pu revenir en récitant sa propre légende. Surgical Steel fait mieux : agressif, technique et inspiré, le disque retrouve tout ce qui faisait la force du groupe sans ressembler à une reconstitution.

C’est ce qui en fait probablement la référence du comeback metal. Carcass ne donne pas l’impression de chercher sa jeunesse. Il donne simplement l’impression d’être Carcass.

Monotheist (2006) de Celtic Frost

Seize ans après Vanity/Nemesis, Celtic Frost aurait pu regarder vers les années 80. Le groupe choisit l’inverse : Monotheist est plus sombre, plus lourd et plus oppressant.

Là où beaucoup de comebacks tentent de rassurer, celui-ci reste profondément inconfortable. Et avec le recul, il ne s’est pas seulement imposé comme un grand retour : il est devenu l’un des sommets de la discographie de Celtic Frost.

Brave New World (2000) d’Iron Maiden

Le retour de Bruce Dickinson et Adrian Smith aurait suffi à faire de Brave New World un événement. Mais Iron Maiden fait davantage : avec désormais trois guitaristes, le groupe ouvre une véritable deuxième partie de carrière.

The Wicker Man et Blood Brothers montrent immédiatement que Maiden n’est pas revenu pour vivre sur ses classiques. Brave New World ressemble moins à des retrouvailles qu’au début d’une nouvelle époque.

Black Gives Way to Blue (2009) d’Alice In Chains

Comment continuer Alice In Chains après Layne Staley ? Toute la difficulté de Black Gives Way to Blue tient dans cette question.

Avec William DuVall aux côtés de Jerry Cantrell, le groupe trouve pourtant le bon équilibre : respecter son passé sans tenter de le reproduire. Sombre, lourd et particulièrement émouvant, l’album n’efface aucune absence. Il montre simplement qu’Alice In Chains pouvait continuer malgré elle.

Tempo of the Damned (2004) d’Exodus

Douze ans après Force of Habit, Exodus retrouve Steve « Zetro » Souza et revient avec une envie manifeste d’en découdre. Tempo of the Damned est rapide, agressif et surtout rempli de riffs.

War Is My Shepherd et Blacklist résument parfaitement ce retour sans rouille. Exodus ne revient pas pour rappeler poliment son importance dans le thrash américain. Il revient pour reprendre sa place.

Pour aller plus loin, notre sélection des 10 albums cultes du thrash metal des années 80 permet justement d’explorer l’autre visage de l’âge d’or du genre.

13 (2013) de Black Sabbath

Trente-cinq ans après Never Say Die!, Black Sabbath retrouve Ozzy Osbourne, Tony Iommi et Geezer Butler. Plutôt que de chercher à se moderniser, 13 revient volontairement aux fondations : riffs massifs, lenteur et atmosphère menaçante.

Le procédé pourrait sembler conservateur. Il fonctionne surtout comme une manière de refermer la boucle et d’offrir un dernier grand chapitre discographique à cette configuration du groupe.

Un contraste intéressant avec Forbidden, présent dans notre sélection des 10 pires albums enregistrés par 10 groupes pourtant légendaires.

At War with Reality (2014) d’At The Gates

Revenir dix-neuf ans après Slaughter of the Soul avait tout du piège. At The Gates devait composer avec un album devenu l’une des grandes références du death metal mélodique.

At War with Reality évite pourtant de devenir Slaughter of the Soul II. Le groupe retrouve son agressivité et ses mélodies sans se transformer en copie de lui-même. Compte tenu du poids de son prédécesseur, c’était déjà une victoire considérable.

Angel of Retribution (2005) de Judas Priest

Quinze ans après Painkiller, Rob Halford retrouve Judas Priest. Angel of Retribution remet immédiatement en place les fondamentaux : riffs tranchants, duels de guitares et cette voix autour de laquelle tout semble naturellement s’organiser.

L’album ne réinvente pas Priest, mais ce n’était peut-être pas nécessaire. Il prouve surtout que cette réunion pouvait devenir autre chose qu’un simple exercice nostalgique.

Sol Invictus (2015) de Faith No More

Dix-huit ans après Album of the Year, Faith No More réussit à revenir sans devenir une caricature de lui-même.

Sol Invictus reste sombre, étrange et imprévisible, sans essayer de recréer artificiellement l’époque d’Angel Dust. Surtout, le disque donne l’impression d’exister parce que Faith No More avait encore quelque chose à dire, pas simplement parce qu’un public attendait son retour.

The Art of Dying (2004) de Death Angel

Quatorze ans après Act III, Death Angel aurait facilement pu rester associé au thrash de sa première carrière. The Art of Dying change la trajectoire du groupe.

Énergique et convaincant, l’album transforme une reformation en véritable deuxième vie. Certains comebacks offrent une belle parenthèse. Celui-ci a rouvert une histoire qui ne s’est plus vraiment arrêtée.

Mentions honorables

Quelques retours restent aux portes du classement : Exhorder avec Mourn the Southern Skies, vingt-sept ans après The Law ; Satan avec Life Sentence, vingt-six ans après Suspended Sentence ; Soundgarden avec King Animal ; ou encore Anthrax avec Worship Music et le retour de Joey Belladonna.

The Devil You Know de Heaven & Hell mérite également d’être cité, même si son statut de véritable comeback de Black Sabbath reste discutable. Même chose pour Fear Inoculum de Tool : treize ans après 10,000 Days, le retour discographique était immense, mais le groupe ne s’était jamais réellement séparé.

Le vrai défi n’est pas de revenir

Les meilleurs albums de cette sélection partagent finalement la même qualité : ils ne se contentent pas de rappeler le passé. Carcass retrouve sa puissance sans se caricaturer, Celtic Frost se transforme, Iron Maiden ouvre une deuxième carrière et Alice In Chains apprend à continuer avec une absence impossible à combler.

C’est peut-être cela, un grand album de retour : pas simplement prouver qu’un groupe existe encore, mais donner une raison de vouloir l’entendre au présent !