Review de Slipknot par Slipknot

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Review de Slipknot par Slipknot

Slipknot par Slipknot

Cet album est un fragment majeur de l’histoire de Slipknot.

Note globale

Authenticité
Composition
Production
4.3

Adoré par certains, détesté par d’autres, Slipknot est arrivé sur la scène Metal comme un boulet de démolition. En un peu plus de 20 ans de carrière, le groupe de Nu Metal américain a inspiré de nombreux artistes et influencé grandement la trajectoire du genre pour le meilleur ou pour le pire.

Slipknot en quelques mots

Slipknot est un groupe de Nu Metal américain fondé en 1995 à Des Moines (Iowa). Il est actuellement constitué de Corey Taylor (chant), Mick Thomson (guitare), James Root (guitare), Alessandro Venturella (basse), Jay Weinberg (batterie), Craig Jones (clavier, samples), Sid Wilson (DJ), Shawn Crahan (percussions, choeurs) et un membre inconnu (percussions, choeurs).

À ce jour, le groupe compte 5 albums à sa discographie : Slipknot (1999), Iowa (2001), Vol.3 : The Subliminal Verses (2004), All Hope Is Gone (2008) et .5 : The Gray Chapter (2014). Slipknot publiera bientôt un sixième et nouvel album intitulé We Are Not Your Kind, le 9 août 2019 via Roadrunner Records.

L’album Slipknot fête ses 20 ans

L’album éponyme de Slipknot a récemment fêté ses 20 ans. Du coup, la question est : Comment a-t-il vieilli ? Et la réponse est : Étonnamment bien. Si on souhaite parler de l’album Slipknot, il faut le remettre dans son contexte. Il est sorti le 29 juin 1999 via Roadrunner Records, et de nombreuses personnes ont travaillé sur sa conception. Néanmoins pour faire simple, les majeurs contributeurs ont été les membres du groupe et le producteur Ross Robinson.

À l’époque, Slipknot c’était (#8) Corey Taylor (chant), (#7) Mick Thomson (guitare), (#6) Shawn “Clown” Crahan (percussions, choeurs), (#5) Craig “133” Jones (clavier, samples), (#4) Jim Root (guitare), (#3) Chris Fehn (percussions, choeurs), (#2) Paul Gray (basse, choeurs), (#1) Joey Jordison (batterie) et (#0) Sid Wilson (DJ). Les musiciens vivaient pour la plupart dans la misère. Ils baignaient dans une mauvaise ambiance et étaient remplis de pensées négatives. Ils avaient faim, et voulaient faire de la musique de sauvage à leur image. Ainsi est né Slipknot.

L’album contient évidemment une bonne partie des classiques du groupe : (sic), Eyeless, Wait and Bleed, Surfacing, Spit It Out, Purity, Liberate… Des chansons pleines de rage, alimentées par la fougue de la jeunesse et le fait que le groupe avait la dalle. Cet album est un des piliers du Nu Metal. Il est doté de quelques mélodies mémorables, mais c’est surtout un concentré d’agression : quelques samples, beaucoup de percussions, des riffs lourds et sales, une batterie frénétique et des cris de possédé.

Un album de Nu Metal emblématique

Après l’intro intitulée 742617000027, l’album débute avec (sic), une chanson qui fait instantanément passer l’auditeur de 60 à 180 pulsations minute. Au lieu d’écrire de longs paragraphes afin de décrire l’album et énumérer des faits que vous connaissez probablement déjà, je vais plutôt vous raconter l’histoire de l’enregistrement de (sic), parce qu’elle représente bien l’album dans son ensemble.

La chanson a été composée sur plusieurs répétitions. Elle a connu de nombreuses formes avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Si (sic) est aussi intense, c’est en partie grâce à Ross Robinson. Le producteur a poussé les musiciens à bout afin de capturer l’énergie et la brutalité de leurs shows live. Les 9 musiciens se sont retrouvés dans une pièce du studio. Tout était solidement câblé avec précaution afin de leur permettre de se lâcher pendant la performance. Par conséquent, les membres de Slipknot ont tout donné, et Ross Robinson encourageait la folie ambiante en jetant des pots de fleurs sur Joey Jordison lors de l’enregistrement.

Le processus de création était dément

Le processus d’enregistrement de l’album est décrit comme très “violent et chaotique” par le producteur. La batterie a été capturée en 3 jours, ce qui a aidé à conserver cette sensation brute de performance live, qui fait partie intégrante du son de Slipknot. Le mixage a pris beaucoup de temps car Joey Jordison et Ross Robinson ont décidé de travailler avec du matériel analogique, bien que les produits digitaux étaient déjà couramment utilisés à l’époque.

La production est relativement dégueulasse, et c’est génial. Elle capture parfaitement cette ambiance sale et dérangeante qui donne tout son charme à cet album. Il en est de même pour les visuels. Le tout contribue au charisme de l’opus, qui est devenu un des classiques du genre. Je suis convaincu que Slipknot n’aurait pas autant fonctionné s’il sonnait propre. Le son est juste assez clair pour comprendre ce qu’il se passe, et juste assez sale pour convier une sensation de malaise.

Un fragment majeur de l’histoire de Slipknot

Les musiciens étaient jeunes et tarés. Cette brutalité ne se retrouvera jamais dans un de leurs prochains albums. La plupart sont désormais père de famille et vivent confortablement, et c’est tant mieux pour eux. Comme a dit Jim Root, un album représente un groupe à un moment donné, et vu que tout est en constant changement, cela est impossible à reproduire. Les musiciens ont évolué et il est inutile de vouloir retourner en arrière. Qu’on l’admette ou non, Slipknot a grandement influencé le développement de la scène Metal. Le sixième chapitre de l’histoire du groupe sortira dans environ un mois, et c’est avec plaisir que nous le découvrirons.

Chansons préférées de Slipknot : (sic), Eyeless, Surfacing