Vended au Petit Bain : Metal nouvelle génération sur les bords de Seine

à 19h35
Lecture 6 min.
Vended au Petit Bain : Metal nouvelle génération sur les bords de Seine
© Tetralens

C’est au Petit Bain que Vended a élu domicile pour sa performance parisienne lors de sa tournée européenne.

Texte et photos par Tetralens (tetralens.com)

Profiler

À mon arrivée sur la péniche, c’est Profiler qui a déjà entamé les hostilités. Ce trio énergique, né du projet solo du britannique Mike Evans, performe dans un relatif fouillis sonore, un nu metal/core aux accents grunge avec quelques passages chantés en voix claire et des chœurs.

Avec une rythmique pêchue (Oscar Hocking) et une basse qui approfondit les mélodies (Joe Johnson), le style de Profiler ne masque pas ses inspirations « deftonesques », entre autres, avec quelques passages plus énervés, sur une base un peu aérienne, rappelant quelques accents de Loathe.

Un engagement indéniable sur scène équilibre un style qui ne demande qu’à mûrir. Quelques titres méritent néanmoins le détour, comme Alpha Nine, qui aurait pu figurer sur un remake de Queen of the Damned (cette BO était un bijou).

Leur premier album, sorti en février 2024 chez Sharptone Records et intitulé Digital Nowhere, fait suite à une série d’EP et de singles distillés entre 2020 et ce premier opus.

The Gloom In The Corner

Pas le temps de se laisser refroidir, le second groupe, The Gloom In The Corner, prépare la scène puis entame son set.

Ces Australiens déroulent dès le premier titre un style puissant, mêlant un metalcore presque deathcore, aux accents prog dans la déconstruction rythmique et aux drops tranchants, éléments qui semblent les caractériser, avec une empreinte vocale dévastatrice même si elle n’est pas forcément mise en valeur ce soir.

The Jericho Protocol illustre à merveille les performances vocales mélodiques de Mikey Arthur, à la voix aussi puissante que sa moustache est nette, ou encore Bleed You Out pour le côté deathcore technique avec des ruptures très travaillées. Misanthropie est quant à lui un ovni de nu metal idéal pour un mosh pit bien efficace.

Formé en 2016, le groupe a sorti trois albums entre sa création et 2022, chacun plus mature, tous chez Sharptone Records. Sans forcément être hyper expressifs sur scène, ils embarquent facilement la salle dans leur tourbillon musical plein de profondeur autant que de rage brute. On restera à l’affût d’un prochain opus, marqué sans doute par leur identité tout à fait originale !

Vended

Nos têtes d’affiche montrent enfin le bout de leur nez ! La salle est comble et quasi impraticable, et dès l’installation, des cris fusent dans la foule à l’apparition des musiciens. Après des débuts marqués par les doutes prévisibles de voir des “enfants de”, Vended a su faire son petit bonhomme de chemin pour engranger sa propre fanbase.

Griffin Taylor et les autres musiciens entament leur performance par Nihilism, titre tout frais de mai 2024, caractérisé par des chœurs amples, des passages saturés et des cris, tout à fait nu metal.

Naviguant encore de singles en EP depuis 2018, Vended réussit à remplir des salles sans avoir encore sorti d’album. À préciser que ces productions sont indépendantes. Am I the Only One, de septembre 2023, marque la performance à la batterie de Simon Crahan, fils du percussionniste de Slipknot, Shawn “Clown” Crahan.

Bloodline et Burn My Misery (2021 pour les deux) sonnent fort bien en live, avec une relative linéarité qui labellise le côté “premier EP” bien que ce soit très efficace. Overall permet à Jeremiah Pugh (basse) et Cole Espeland (guitare) de s’illustrer par un jeu rapide et précis.

Sur The Far Side (mars 2024), on peut constater que Griffin est doté de prédispositions vocales dignes de son père, Corey Taylor.

Après un rappel un peu prévisible, les musiciens de Des Moines nous régalent de Ded to Me (2022), un petit bijou de distorsions et de parties vocales scandées hachées menu. Un de leurs titres phares pour moi, si ce n’est celui à écouter pour les découvrir.

La soirée se clôture sur Asylum (2021), avec une identité déjà bien cadrée, même si on entend forcément la présence de Slipknot en arrière-plan, sur ce titre en particulier.

Même si la foule arbore pas mal de t-shirts Slipknot, on sait maintenant que Vended sait produire une musique efficace, certes fortement inspirée de leurs pairs/pères, mais aussi avec une fraîcheur en adéquation avec leur génération.

Setlist :

  • Nihilism
  • Am I the Only One
  • Bloodline
  • Burn My Misery
  • Overall
  • Serenity
  • Where the Honesty Lies
  • The Far Side
  • Ded to Me
  • Asylum

À propos de Tetralens

Cet article a été rédigé par Tetralens, qui est également la propriétaire de toutes les photos que vous avez vues ci-dessus.

Tetralens est une photographe basée à Paris. Si vous souhaitez discuter avec elle de son travail et/ou collaborer avec elle, vous trouverez toutes ses informations ci-dessous !

TETRAlens rassemble toutes les expressions de mon travail photographique, récent ou datant de plusieurs années. J’y présente principalement un extrait de mes captures de concerts live, essentiellement issus de la scène Metal et Rock, ainsi qu’un petit aperçu de mes autres sujets photographiques, tels que les paysages, les détails et l’architecture. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu capturer à travers mon objectif ce que mes yeux voulaient immortaliser : le tranchant d’une lumière, la force d’un instant, la douceur d’un regard, l’énergie d’un moment, ces choses qui rendent le monde plus beau. Depuis mon plus jeune âge, cette passion m’a suivi dans mon quotidien ou dans mes voyages, mes yeux regardant constamment la nature, les villes et les gens comme une source d’inspiration pour nourrir mon expression artistique. Le canal le plus emblématique étant la musique live, les événements à travers lesquels l’humain est un vecteur des vibrations les plus positives.

Plus d'actus sur Vended
L'actu Nu Metal