Condamné à verser près de 2 millions de dollars, l’ancien chanteur d’Anti-Flag fait l’objet d’un jugement par défaut dans une affaire d’agression sexuelle intentée par Kristina Sarhadi.
Un jugement par défaut après des mois de silence
Le 22 juillet 2025, la juge fédérale Brenda K. Sannes a statué en faveur de Kristina Sarhadi dans l’affaire qui l’oppose à Justin Geever, connu sous le nom de Justin Sane, ancien chanteur d’Anti-Flag. L’accusatrice recevra 1,17 million de dollars de dommages compensatoires et 750 000 dollars de dommages punitifs, soit un total d’environ 1,92 million de dollars (environ 1,63 million d’euros).
Ce jugement par défaut intervient après que Geever a refusé de répondre officiellement à la plainte déposée en novembre 2023, malgré plusieurs tentatives de signification. Selon les avocats de Sarhadi, l’artiste aurait transféré ses avoirs à l’étranger et quitté les États-Unis, comme déjà évoqué dans cet article.
Retour sur l’affaire et ses conséquences
L’affaire remonte à l’été 2023, lorsque Sarhadi a témoigné anonymement dans un podcast. Quelques jours plus tard, Anti-Flag annonçait sa dissolution et effaçait ses réseaux sociaux. Rapidement identifiée comme la plaignante, Sarhadi a ensuite affirmé avoir été agressée en 2010 par Geever, un artiste qu’elle admirait à l’époque.
Douze autres femmes ont par la suite partagé des accusations similaires. En septembre 2023, les anciens musiciens d’Anti-Flag ont publié un communiqué cinglant, déclarant notamment : “Va te faire foutre pour avoir blessé tant de gens, pas seulement ceux qui se sont courageusement manifestés, mais tous ceux qui portent encore leur douleur en eux.” Ces réactions avaient été relayées dans notre article.
La justice avait déjà rejeté les accusations de négligence visant Hardwork Distribution Inc., l’entité commerciale du groupe, comme on peut le lire ici.
Les mots de Kristina Sarhadi après la décision
Dans une déclaration relayée par Rolling Stone, Sarhadi déclare : “La décision attentive de la juge Sannes est un phare d’espoir dans une époque de misogynie décomplexée et de pouvoir débridé.” Elle ajoute : “Il n’y a pas de compensation adéquate pour ce que les survivantes ont enduré, mais je suis infiniment reconnaissante d’avoir été entendue et crue.”
Elle conclut : “Je suis fière de toutes les personnes qui ont profité de ce moment pour dénoncer leur agresseur, fière qu’elles n’aient pas cédé et qu’elles aient renforcé la solidarité entre les survivants du monde entier.”
