« C’est bien ça le problème… Ce n’est plus une question de qualité, mais de rentabilité” : Wolfgang Van Halen (Mammoth) affirme que l’IA générative est une « vraie connerie”

(Mis à jour le ) à 11h55
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« C’est bien ça le problème… Ce n’est plus une question de qualité, mais de rentabilité” : Wolfgang Van Halen (Mammoth) affirme que l’IA générative est une « vraie connerie” © Travis Shinn (Presse)

Wolfgang Van Halen n’a pas mâché ses mots lorsqu’il a été interrogé sur l’usage de l’intelligence artificielle dans la musique. Pour le leader de Mammoth, cette technologie n’a rien à faire dans le processus créatif, et ne sert qu’à déshumaniser l’art. Un avis tranché, exprimé alors que son nouvel album The End s’apprête à sortir.

“Je pense que c’est une perte de temps monumentale”

Invité par la radio Q102 à Springfield (Missouri), Wolfgang Van Halen a été interrogé sur l’utilisation de l’IA dans la création musicale. Sa réponse a été immédiate : “Je trouve que l’IA générative, c’est une vraie connerie. Honnêtement, je trouve ça débile. C’est une perte de temps monumentale. L’IA devrait servir à poser des silencieux sur les voitures, pas à créer de l’art à notre place.”

Il nuance : “Après, chacun pense ce qu’il veut… Moi, je trouve ça absurde. Franchement, ça ne m’intéresse pas.”

Quand l’intervieweur lui fait remarquer que de nombreuses maisons de disques explorent activement cette voie, Wolfgang réplique : “Évidemment, parce que ça permet de payer moins de monde. Les gens au sommet voient les profits grimper, car ils emploient moins de personnes pour produire plus vite avec moins de moyens. C’est comme ça dans presque tous les secteurs maintenant. Et c’est bien ça le problème. Ce n’est plus une question de qualité, mais de rentabilité.”

Une approche humaine, en opposition avec les tendances de l’industrie

“Sans nous, l’IA ne serait rien”

Ce n’est pas la première fois que Wolfgang s’exprime sur le sujet. Dans une interview donnée en 2023 à Primordial Radio, il reconnaissait que certaines fonctionnalités d’aide à la création pouvaient être utiles — comme un batteur virtuel intelligent —, mais sans jamais remplacer la créativité humaine. “Quand il s’agit de création artistique, l’IA ne fait que recycler ce qu’on a déjà fait. Sans nous, elle ne pourrait rien inventer. Elle ne fait que piocher dans ce qu’on a déjà créé et le mélanger.”

Il avait également tenu à clarifier le recours à l’IA par Paul McCartney dans la production du “dernier morceau des Beatles”, où la voix de John Lennon avait été extraite d’une vieille démo : “Les gens ont cru que McCartney faisait chanter un faux Lennon généré par IA. Mais non, il a juste utilisé un outil pour isoler sa voix d’une vieille maquette. Utilisé comme ça, ça peut être utile. Mais ça ne remplacera jamais notre cerveau, notre créativité. Ces outils n’existeraient même pas sans nous.”

Face à l’IA, des artistes divisés et des plateformes opposées

Le rejet de Wolfgang fait écho à celui d’autres artistes de la scène rock et metal. Chris Daughtry estime que “l’IA ne pourra jamais atteindre le cœur”, Brent Smith (Shinedown) affirme qu’aucun morceau généré n’a encore réussi à l’émouvoir, tandis que Jimmy Page parle de “créations sans âme”.

D’autres musiciens, comme Jonny Hawkins (Nothing More), adoptent une position plus nuancée, voyant l’IA comme un simple outil : “Elle ne menace que les mauvais artistes”, dit-il. Quant à Jordan Rudess (Dream Theater), il y voit un vecteur d’expérimentation et d’apprentissage, à condition qu’il soit bien encadré.

Côté plateformes, la fracture est nette. Deezer a mis en place un système de détection et d’étiquetage des morceaux générés par IA, afin de préserver la transparence. Le PDG Alexis Lanternier affirme que près de 70 % de ces titres relèvent de la fraude. Spotify, en revanche, est régulièrement accusée d’opacité, notamment après la mise en avant de projets comme The Velvet Sundown, soupçonnés d’avoir été entièrement générés par IA.

Un nouvel album pour Mammoth, et une approche résolument humaine

Loin des algorithmes, Wolfgang Van Halen continue de privilégier une méthode artisanale. Il sortira le 24 octobre un nouvel album intitulé The End, entièrement enregistré au mythique studio 5150, où il a assuré toutes les parties instrumentales et vocales. Le disque a été produit par son collaborateur de longue date, Michael “Elvis” Baskette.

Ce troisième opus comprend dix titres, dont les singles The End, The Spell et I Really Wanna, un morceau funk-rock surprenant mis en images dans le studio familial. Ce disque marque aussi un tournant symbolique : le projet s’appelle désormais simplement Mammoth, sans les initiales “WVH”.

Le groupe débutera une tournée nord-américaine en tête d’affiche dès le 31 octobre, accompagné de Myles Kennedy. Sur scène, Wolfgang sera épaulé par Frank Sidoris (guitare), Jon Jourdan (guitare/chant), Garrett Whitlock (batterie) et Ronnie Ficarro (basse).

The End est déjà disponible en précommande dans plusieurs formats physiques, dont des vinyles colorés en édition limitée.

Interview de Wolfgang Van Halen pour Q102 :

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