Il pensait ne vendre aucun disque. Pourtant, Paradise Metal, le premier album du prêtre orthodoxe grec Dionysios Tabakis, a épuisé sa première édition en quelques heures et propulse désormais son auteur sur des scènes internationales.
En mêlant chants byzantins, metal, techno et guitare huit cordes sans frettes, ce projet enregistré à domicile a transformé un musicien sans ambition commerciale en sensation virale.
Un album qu’il croyait invendable
Comme il le raconte dans une interview accordée à Guitar World, tout commence lorsque Nikolas Rafael, fondateur du label Elhellel, découvre ses vidéos sur YouTube et lui propose d’en tirer un album.
Dionysios Tabakis accepte sans croire un instant au potentiel du projet. « Je me disais que pas un seul exemplaire ne se vendrait et qu’il allait gaspiller son argent. »
La suite déjoue ses prévisions : les 150 cassettes publiées par Heat Crimes et Elhellel s’écoulent en quelques heures, une édition vinyle est annoncée et Paradise Metal attire l’attention de médias internationaux comme The New York Times, The Guardian et Pitchfork.
Des hymnes byzantins sur une guitare sans frettes
À l’origine du disque, une idée simple : transposer les hymnes de l’Église sur une guitare électrique. Pour restituer les micro-intervalles de la musique byzantine, le prêtre grec retire les frettes de sa Harley Benton R-457 à huit cordes.
« Les frettes sont indispensables au début, un peu comme un trotteur pour un enfant qui apprend à marcher. Mais, à partir d’un certain stade, elles peuvent devenir une contrainte pour certains musiciens. »
Ce croisement entre traditions liturgiques, lourdeur metal et textures électroniques doit désormais conduire Dionysios Tabakis au festival Making Time de Philadelphie, pour sa première apparition aux États-Unis, ainsi qu’à un concert en tête d’affiche à Londres.
« Je n’ai jamais eu de telles ambitions. Les bonnes comme les mauvaises choses arrivent toujours sans prévenir. C’est aussi ce qui fait la beauté imprévisible de la vie. »