70 % de taxes sur les instruments importés, une guitare qui peut finir par coûter presque trois fois son prix normal, des salles au matériel parfois vieux ou cassé… Avant les tournées internationales, Nervosa s’est construit au Brésil dans un environnement loin d’être idéal. Prika Amaral raconte aujourd’hui ce que ces contraintes ont changé pour elle.
Car l’Europe lui a offert un tout autre décor. Plus de soutien, davantage d’opportunités ; le contraste a finalement pesé dans sa décision de s’y installer. Depuis, son rôle dans Nervosa a lui aussi basculé : désormais chanteuse en plus d’être guitariste, Amaral n’a enregistré qu’un seul solo sur Slave Machine.
Une guitare à presque trois fois son prix
Dans une récente interview accordée à Guitar World, Prika Amaral revient sur une difficulté très concrète : le prix à payer pour simplement s’équiper au Brésil.
« Être musicien au Brésil ou en Amérique latine, c’est difficile pour des raisons économiques », explique-t-elle. Avec des taxes sur les instruments importés pouvant avoisiner 70 %, l’addition devient vite vertigineuse : « Au final, on peut se retrouver à payer presque trois fois le prix normal d’une guitare. »
Et les obstacles continuent une fois l’instrument acheté. Amaral parle de salles où le matériel est régulièrement ancien ou défectueux ; elle souligne aussi que le public n’a pas toujours les moyens d’assister aux concerts. Difficile, dans ces conditions, de faire grandir une scène.
Le contraste européen
Puis Nervosa commence à voyager davantage. En Europe, Amaral découvre un soutien très différent et comprend qu’un changement de continent pourrait aussi accélérer le développement du groupe.
« Je me suis rendu compte qu’il valait mieux que je m’installe là-bas, pour pouvoir faire davantage pour Nervosa et profiter des opportunités qui se présentaient. »
Le manque de moyens a également façonné sa guitare. Amaral est autodidacte ; faute d’accès à des cours, elle a développé une technique bien à elle. Mauvaise posture ? Médiator tenu bizarrement ? Elle l’assume : « Ça marche pour moi ! » Sa conclusion est simple : « Ce n’est pas parce que c’est différent que c’est mauvais. »
Sur Slave Machine, Prika Amaral n’a joué qu’un seul solo
Le paradoxe est intéressant. La guitare accompagne Amaral depuis ses débuts, mais son nouveau rôle de chanteuse l’a obligée à déplacer ses priorités. Avec Helena Kotina comme seconde guitariste, elle peut désormais consacrer davantage de temps aux paroles et aux lignes vocales.
Résultat ? Sur Slave Machine, Amaral n’a enregistré qu’un seul solo. Tous les autres ont été confiés à Kotina. « Comme je chante aussi maintenant, je me concentre davantage sur les paroles et les lignes vocales. »
Ce partage des rôles aurait pourtant été difficile à imaginer quelques années plus tôt. Amaral ne voulait pas prendre le micro : « Je ne voulais pas devenir chanteuse, mais j’ai compris que c’était ce qu’il y avait de mieux pour le groupe. » Elle avait peur, la responsabilité lui semblait immense… jusqu’à ce que les concerts et l’accueil du public rendent cette nouvelle place naturelle.
« Je crois qu’en réalité, j’étais déjà chanteuse. Je ne le croyais simplement pas encore ! »
Sorti le 3 avril via Napalm Records, Slave Machine compte douze titres, dont Ghost Notes, dévoilé avant la sortie du disque.