De Metallica à Heaven Shall Burn en passant par In Flames, Matt Heafy a désigné trois albums déterminants dans son apprentissage du metal. Trois jalons qui, rétrospectivement, dessinent en filigrane l’ADN de Trivium, là où s’entremêlent depuis longtemps metal, death metal mélodique et metalcore.
Metallica, In Flames et Heaven Shall Burn, les trois étapes de Matt Heafy
Invité récemment dans The Garza Podcast, Matt Heafy a préféré raconter ses influences comme un cheminement : « Je vais raisonner en trois étapes : d’abord le metal, puis le death metal, et enfin le metalcore. »
Au commencement, il y a le Black Album de Metallica, premier disque du groupe qu’il ait entendu. Son préféré ? Probablement Master Of Puppets. La nuance n’est pas anodine. Nos disques de chevet ne sont pas toujours ceux qui creusent les sillons les plus profonds.
Chez Trivium, en tout cas, l’ombre de Metallica plane depuis longtemps. Elle affleure dans certains réflexes d’écriture, dans les riffs, plus largement dans cette façon d’envisager le metal. Des trois noms avancés par Heafy, c’est sans doute l’ascendance la plus manifeste.
Reroute To Remain, ou les prémices de Trivium
Avec In Flames, le choix devient plus épineux. Whoracle fut sa porte d’entrée, The Jester Race demeure son favori… et pourtant, Heafy retient Reroute To Remain. Pourquoi celui-là ? « C’est la première fois que je me suis dit : “Waouh, je peux chanter et hurler au sein du même groupe.” »
Avec le recul, la révélation ressemble presque à une esquisse du futur Trivium. Cette friction entre chant clair et screams deviendra l’une de ses signatures ; quant à l’affection de Heafy pour In Flames, elle irrigue encore l’identité musicale du groupe.
Hasard du calendrier, les deux formations vont justement partager la route. Après l’Amérique du Nord à partir du 5 novembre, Trivium et In Flames se retrouveront au printemps 2027 pour une tournée européenne en co-tête d’affiche. Paris figure au programme le 7 avril, au Zénith.
Heaven Shall Burn, une empreinte plus souterraine
Dernière pièce du triptyque, Whatever It May Take de Heaven Shall Burn. Ici, l’héritage paraît plus diffus. Là où Metallica et In Flames transparaissent assez nettement dans la musique de Trivium, l’influence des Allemands semble se loger ailleurs, dans ce que le metalcore peut raconter et incarner.
« C’était la première fois que j’entendais ce que le metalcore pouvait être : une musique qui reste profondément metal, tout en abordant dans ses textes des sujets importants pour la société. », explique Heafy. Il évoque plus largement son attrait pour ces groupes de metalcore, de hardcore ou de punk qui osent investir des terrains sociopolitiques et sociétaux.
Trois disques, trois empreintes distinctes. Metallica fournit le socle ; In Flames ouvre la voie à cette dualité vocale devenue familière ; Heaven Shall Burn élargit l’horizon du metalcore. Une généalogie forcément incomplète, mais qui éclaire plutôt bien la musique que Trivium façonnera ensuite.
Ce regard dans le rétroviseur intervient alors que Trivium prépare son onzième album studio, présenté comme le début d’un « tout nouveau chapitre ». Le premier éclat de cette nouvelle période est déjà là avec Dead Inside Of Me.