Sorti en 2007, l’album éponyme d’Avenged Sevenfold reste l’un des projets les plus singuliers du groupe. Entre prises de risques artistiques et moments de fulgurance, il divise encore les fans près de vingt ans après sa sortie, mais conserve une place particulière dans l’histoire du metal moderne.
Un tournant déroutant, entre heavy metal, ballades et grand spectacle
Dès Critical Acclaim, morceau d’ouverture au ton virulent et à l’intro d’orgue glaçante, l’album affirme sa volonté de rompre avec les sonorités du passé. Plus théâtral que City of Evil, plus hétérogène que Waking the Fallen, il explore des terrains variés, entre hard rock classique, orchestration grandiloquente et expérimentations inattendues.
Le groupe s’éloigne de ses racines metalcore pour tenter de nouvelles formules. A Little Piece of Heaven, conçu par The Rev, en est le symbole : une comédie macabre orchestrale aux accents de comédie musicale, avec rires démoniaques et cuivres menaçants. À l’opposé, Dear God opte pour une ballade country, avec banjo, pedal steel et chœurs doux. Une transition inattendue, mais exécutée avec une sincérité désarmante.
Des réussites marquantes, quelques faux pas
Certains titres trouvent un équilibre solide. Afterlife, aux arrangements de cordes soignés, reste un favori du public et figure régulièrement en concert. Scream ajoute une touche de groove sombre, tandis que Gunslinger mêle ballade acoustique et intensité dramatique sur fond de guerre et d’absence.
Mais l’album comporte aussi des choix discutables. Lost divise avec son utilisation de l’auto-tune, et Unbound (The Wild Ride), malgré son énergie, peine à convaincre. L’ensemble donne parfois une impression de patchwork, mais reflète surtout une liberté de ton assumée et une volonté de casser les codes.
Alors qu’Avenged Sevenfold poursuit sa tournée sud-américaine après le retour de M. Shadows sur scène, et que des morceaux comme Unholy Confessions continuent d’être certifiés, Avenged Sevenfold (2007) reste un disque à part. Un album qui ne cherche pas à plaire à tout prix, mais qui témoigne d’une époque où le groupe osait déjà presque tout sans filet.