La RIAA intente une action en justice contre des startups spécialisées dans l'IA et réclame 150 000 dollars par chanson pour violation du droit d'auteur

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La RIAA intente une action en justice contre des startups spécialisées dans l'IA et réclame 150 000 dollars par chanson pour violation du droit d'auteur
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La Recording Industry Association of America (RIAA) a intenté une importante action en justice contre les startups d’intelligence artificielle Suno et Udio, exigeant une compensation de 150 000 dollars pour chaque chanson prétendument copiée. La plainte, déposée devant les tribunaux fédéraux de New York et du Massachusetts, accuse les sociétés de violer les lois sur le droit d’auteur en créant des clones de chansons à succès générés par l’intelligence artificielle.

Représentant environ 85 % de toutes les ventes légales de musique aux États-Unis, la RIAA comprend les principales maisons de disques et soutient que l’utilisation d’enregistrements protégés par le droit d’auteur par ces modèles d’intelligence artificielle n’est pas “transformatrice”. Selon les plaignants, “il n’y a pas d’objectif fonctionnel pour […] le modèle d’IA d’ingérer des enregistrements protégés par le droit d’auteur, si ce n’est de recracher de nouveaux fichiers musicaux concurrents.”

Un exemple cité dans l’action en justice, tel que rapporté par la BBC, est une chanson produite par l’IA intitulée Prancing Queen, qui, selon la RIAA, est difficile à distinguer d’un véritable morceau d’ABBA. La RIAA soutient que les motivations commerciales de ces entreprises d’IA menacent de saper l’art humain authentique protégé par les lois sur le droit d’auteur. Elle a averti que le fait d’exempter les entreprises d’IA de l’obligation d’adhérer à ces réglementations pourrait conduire à l’effondrement de “l’ensemble de l’écosystème musical”.

Malgré la gravité des accusations, Suno et Udio n’ont pas fait de commentaires pour l’instant. Suno a récemment obtenu 125 millions de dollars d’investissement pour lancer son service d’écriture de chansons en un clic. Les entreprises spécialisées dans l’IA ont déjà défendu leur utilisation des œuvres d’artistes à des fins expérimentales comme un “usage loyal”, comparable à la création de parodies et à la diffusion de bulletins d’information.

L’issue de ce procès pourrait avoir des conséquences considérables pour l’industrie de la musique et le domaine en plein essor des contenus générés par l’IA. Alors que le débat sur les limites juridiques de l’IA et du droit d’auteur se poursuit, cette affaire souligne les tensions entre le progrès technologique et la protection des droits artistiques.

Tags : Heavy Metal