Interrogé sur l’essor de l’intelligence artificielle dans la création musicale, Zakk Wylde a livré un point de vue nuancé, reconnaissant l’intérêt ludique de ces outils tout en affirmant leur incapacité à remplacer l’expression humaine. Le guitariste et chanteur s’est exprimé lors d’une séance publique à Londres, revenant longuement sur ce qui, selon lui, constitue l’essence même de la musique.
Une prise de parole publique à Londres
Le 28 janvier, lors d’une séance de questions-réponses organisée au magasin HMV d’Oxford Street à Londres, Zakk Wylde a été interrogé sur l’usage croissant de générateurs musicaux reposant sur l’intelligence artificielle. Le musicien a d’emblée relativisé la portée de ces technologies, les comparant à un exercice de style consistant à imaginer ce que pourrait écrire un groupe donné.
Selon lui, l’IA peut produire des résultats divertissants, mais reste fondamentalement limitée : “L’I.A., c’est très bien. […] Mais vous ne pourrez jamais remplacer ce qui sort de l’esprit d’Ozzy, de Tony Iommi, de Geezer Butler ou de Bill Ward”. Wylde insiste sur le fait qu’un disque incarne toujours une part intime de ses créateurs.
L’élément humain comme frontière infranchissable
Développant son propos, le leader de Black Label Society souligne que l’identité d’un groupe repose sur la singularité de ses membres. Il cite notamment Pantera ou encore Elton John pour illustrer l’impossibilité de reproduire une intention artistique individuelle à l’aide d’algorithmes : “Quand vous achetez un disque, vous recevez une partie de ces personnes. Ça, on ne peut pas le remplacer”.
Wylde admet le caractère ludique de certaines expérimentations, évoquant des mashups ou des pastiches inspirés de Led Zeppelin ou Black Sabbath, tout en rappelant que rien ne saurait remplacer l’original.
Un débat plus large sur les dérives de l’IA
Ces déclarations s’inscrivent dans un débat plus vaste qui traverse actuellement l’industrie musicale. Plusieurs artistes dénoncent l’utilisation de l’IA pour générer des morceaux imitant des styles existants, parfois diffusés sans transparence sur les plateformes. Les inquiétudes portent notamment sur la dilution de l’identité artistique, le plagiat et la confusion pour le public, face à des contenus ne provenant pas d’interprètes humains identifiables.
Actualité de Black Label Society
Parallèlement à ces prises de position, Black Label Society s’apprête à publier Engines Of Demolition, dont la sortie est annoncée pour le 27 mars via MNRK Heavy. L’album comptera quinze titres, dont les singles Name In Blood, Broken And Blind, The Gallows et Lord Humungus, ainsi que Ozzy’s Song, un hommage à Ozzy Osbourne.
Le groupe sera également en concert dans plusieurs pays francophones, avec des dates prévues à Paris et Strasbourg en juin, ainsi qu’à Pratteln en Suisse.