Figure culte du shred, Michael Angelo Batio a marqué l’histoire du metal avec une création aussi spectaculaire qu’inédite : la guitare à quatre manches. Derrière cet instrument hors norme se joue une rivalité emblématique des années 80, entre virtuosité et surenchère technique.
Une rivalité qui pousse à l’extrême
Comme le rapporte Ultimate Guitar, la course à l’innovation démarre dans le sillage d’Eddie Van Halen et de son tapping révolutionnaire. Très vite, Michael Angelo Batio et Steve Vai entrent dans une compétition aussi visuelle que technique.
Après avoir imposé une guitare double manche inclinée, pensée pour être jouée simultanément grâce à sa technique “over-under”, Batio voit la pression monter lorsque Vai dévoile un modèle à trois manches. Son label le pousse à aller plus loin : “Le label m’a dit : ‘Michael… Steve a trois manches, et toi, tu n’en as que deux. Tu sais ce qu’il te faut ?’ Et j’ai répondu : ‘Quatre.’ Ils ont adoré.”
La Quad guitar : une idée radicale
Batio conçoit lui-même sa guitare à quatre manches, qu’il imagine comme l’assemblage de quatre instruments distincts. Il s’appuie sur le luthier Wayne Charvel pour concrétiser le projet : “J’ai un bon esprit d’ingénieur appliqué à la conception de guitares, alors j’ai dessiné la Quad. Je lui ai expliqué comment je l’imaginais.”
L’instrument devient indissociable du titre Freight Train de Nitro en 1989. Face aux doutes, le guitariste insiste sur l’authenticité de ses performances : “C’était enregistré à 200 bpm, en analogique. Il n’y avait aucune retouche.”
Un virtuose qui marque son époque
Michael Angelo Batio s’impose comme l’un des guitaristes les plus rapides et techniques de sa génération. Son approche spectaculaire influence durablement la scène shred, au point que Steve Vai lui-même admet : “Michael Angelo, lui, peut vraiment le faire… moi, je faisais semblant.”
La Quad guitar reste l’un des symboles les plus extrêmes de l’ère shred.