Dennis Stratton, guitariste du tout premier album d’Iron Maiden, estime que le documentaire Iron Maiden: Burning Ambition survole trop rapidement les débuts du groupe et présente de manière injuste la période Blaze Bayley. L’ancien musicien regrette notamment que certaines séquences donnent l’impression que l’arrivée du chanteur dans les années 1990 coïncide directement avec un déclin de Maiden.
Invité de la chaîne YouTube Paulieflix après avoir assisté à plusieurs projections du film, Stratton a livré une réaction nuancée : admiratif devant l’ampleur du documentaire consacré aux cinquante ans du groupe, mais frustré par le traitement réservé aux premières années et à certaines périodes plus controversées de l’histoire d’Iron Maiden.
Dennis Stratton estime que Burning Ambition fait porter à Blaze Bayley le déclin d’Iron Maiden
Présent à l’avant-première mondiale de Iron Maiden: Burning Ambition à Londres puis à une seconde projection organisée à Belgrade, Dennis Stratton explique avoir remarqué plusieurs détails qui lui avaient échappé lors du premier visionnage. Parmi eux : la façon dont le documentaire semble associer l’arrivée de Blaze Bayley à une chute progressive de popularité du groupe.
L’ancien guitariste raconte avoir rencontré Bayley pour la première fois sur le tapis rouge avant d’être mal à l’aise face à certaines séquences du film : “J’ai eu de la peine pour Blaze. La narration donnait presque l’impression que dès son arrivée, le groupe commençait à sombrer. On voit des gens brûler des disques, parler de culte satanique, puis Maiden jouer dans des clubs…”
Pour Stratton, le montage suggère indirectement que Bayley serait responsable des difficultés traversées par Iron Maiden durant les années 1990 : “Ça donnait l’impression qu’on lui faisait porter le blâme, alors que ce n’était pas du tout ça.”
Blaze Bayley avait rejoint Iron Maiden en 1994 après le départ de Bruce Dickinson. Une mission particulièrement délicate pour le chanteur britannique, qui succède alors à l’une des voix les plus emblématiques du heavy metal. Durant cette période, le groupe publie The X Factor et Virtual XI, deux albums longtemps restés divisifs mais progressivement réhabilités par une partie des fans.
Dennis Stratton insiste d’ailleurs sur la difficulté de remplacer Dickinson : “Succéder à Bruce Dickinson et reprendre le flambeau, c’est une mission impossible pour n’importe quel chanteur.”
Il estime également que le documentaire accentue fortement le retour triomphal de Dickinson à la fin des années 1990 : “Quand Bruce revient et dit qu’il en a assez de jouer devant de petites foules, on a presque l’impression que le groupe redevient immédiatement gigantesque grâce à lui. Ça ne sonnait pas très équilibré.”
Une critique qui relance le débat autour de l’ère Blaze Bayley
Les propos de Dennis Stratton relancent indirectement un débat ancien chez les fans d’Iron Maiden : celui de la place occupée par l’ère Blaze Bayley dans l’histoire du groupe. Longtemps considérée comme une période de transition difficile après le départ de Bruce Dickinson, cette époque bénéficie aujourd’hui d’un regard plus nuancé, notamment grâce à la redécouverte de morceaux issus de The X Factor ou Virtual XI.
Depuis plusieurs années, Blaze Bayley lui-même entretient des relations apaisées avec Iron Maiden et reste régulièrement associé aux célébrations liées à l’histoire du groupe. Sa présence annoncée à l’Eddfest, le grand événement anniversaire prévu à Knebworth, témoigne d’ailleurs de cette reconnaissance progressive.
“C’est un peu triste qu’ils aient expédié les débuts du groupe”
Dennis Stratton précise toutefois qu’il ne nourrit aucune rancœur envers Iron Maiden ni envers le documentaire lui-même. Le guitariste affirme rester fier de sa contribution aux débuts du groupe et du rôle qu’il a joué dans l’évolution du son de Maiden à la charnière entre punk, hard rock et NWOBHM.
Arrivé dans le groupe à la fin de l’année 1979, Stratton participe à l’enregistrement du premier album Iron Maiden, paru en 1980, avant de quitter la formation quelques mois plus tard. Son jeu apparaît sur plusieurs classiques fondateurs comme Phantom Of The Opera, Running Free ou encore Iron Maiden.
Le musicien estime que cette période essentielle est abordée trop rapidement dans Burning Ambition : “En 1979, Maiden était très punk, très agressif. Mais il fallait aussi apporter un peu de classe. Séparer les guitares, ajouter des harmonies vocales… c’est ce qui rendait les chansons plus intéressantes.”
Il poursuit : “Le film est formidable pour les fans, mais je trouve un peu triste qu’ils aient expédié les débuts du groupe.”
Un documentaire qui continue de faire réagir l’univers Maiden
Depuis sa sortie en salles, Iron Maiden: Burning Ambition suscite de nombreuses réactions parmi les membres et anciens membres du groupe. Ces critiques font écho aux déclarations récentes de Bruce Dickinson, qui reconnaissait déjà que certains fans pourraient regretter certaines omissions dans le documentaire.
À l’inverse, Nicko McBrain expliquait récemment avoir été profondément ému par plusieurs séquences du film, notamment celles consacrées aux fans et à son propre départ des tournées après ses problèmes de santé.
Le documentaire réalisé par Malcolm Venville et produit par Dominic Freeman retrace cinquante années d’histoire à travers des archives rares, des témoignages des membres du groupe et des interventions extérieures, parmi lesquelles Lars Ulrich, Tom Morello, Javier Bardem ou Chuck D.
En parallèle de la promotion de Burning Ambition, Iron Maiden poursuit actuellement sa tournée anniversaire Run For Your Lives, tandis que plusieurs projets liés aux cinquante ans du groupe continuent d’être développés, dont l’autobiographie de Nicko McBrain et d’éventuelles nouvelles éditions de l’Eddfest.