Hellfest 2025 : chaleur infernale, chaos en Warzone et final chargé d’émotion avec Linkin Park

(Mis à jour le ) à 13h38
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Hellfest 2025 : chaleur infernale, chaos en Warzone et final chargé d’émotion avec Linkin Park © Tetralens

Dans la continuité du premier volet (à lire ici), ce second chapitre est marqué par une chaleur écrasante, des contrastes musicaux saisissants et des moments d’anthologie, entre légendes du rock, performances extrêmes et instants suspendus.

Samedi

Un samedi un peu plus calme, mais toujours incontournable pour les classiques du hard rock et du heavy metal, qui coïncide avec une Fête de la Musique particulièrement électrique sous une chaleur écrasante. Une journée marquée par des légendes infatigables, comme le duo de guitar heroes Satriani et Vai sur la même scène avec SatchVai Band, pour un moment de haute technicité assez rare.

Un début de journée dynamique avec des pointures montantes françaises, Howard et Lucie Sue, qui dynamisent les Mainstages, puis la découverte de Syk en Altar. Le tout est rapidement contrasté par le côté hypnotique et planant de Mars Red Sky en Valley, un moment de précision hors du temps.


Après une parenthèse pour plusieurs interviews avec des artistes courageux, en plein soleil, j’assiste à une conférence très intéressante et à un échange riche avec les protagonistes du projet associatif Savage Lands, qui s’entourent d’un panel d’artistes aussi engagés que talentueux comme Heilung. Je retourne au charbon pour voir Nasty, qui propulse la Warzone sur orbite avec une énergie hors norme.

C’est avec Beyond The Black en Mainstage que se poursuit la journée, apportant un passage relativement plus doux, alliant puissance et sens de la mélodie, porté par la grâce indéniable de la chanteuse Jennifer Haben. Une leçon de metal allemand.


Un groupe que j’attends avec impatience, les prophètes du stoner Stoned Jesus, sont déplacés à la Purple House, car des problèmes logistiques les ont empêchés de donner leur concert en Valley comme initialement prévu. C’est donc dans ce petit club, situé après le Metal Corner, que je me rends à grands pas… pour trouver une marée humaine bloquant l’entrée, et deux agents de sécurité vaillants qui gardent l’accès avec fermeté face à cette horde.

Quelques notes s’échappent du couloir sombre menant à cette toute petite salle, dégageant une chaleur étouffante, comme les bouches de l’enfer… Après m’être frayé un chemin jusqu’aux agents, j’arrache mon bras à la foule compacte pour montrer mon sésame “media”… Miraculeusement, deux personnes sortent, ce qui me permet d’accéder au tunnel obscur débouchant sur une petite salle circulaire au plafond très bas. Au milieu, une cage grillagée illumine les musiciens, entourés par des grappes de fans immobiles, accrochés aux grilles. Le tout dans une moiteur tropicale qui complique encore plus mes prises de vue.

I’m The Mountain résonne à ce moment-là… Un instant étrange, d’anthologie, que ni le groupe ni le public ne sont prêts d’oublier de sitôt.



Retour en Warzone pour un grand écart stylistique avec Stick To Your Guns, qui décoiffe les crêtes et entraîne les festivaliers en Converse dans de furieux pogos, sous des nuages de poussière soulevés par les slams incessants.


Mais il est déjà temps de retourner en Mainstage pour voir Savatage démontrer sa maîtrise. Retour héroïque du groupe culte après des années d’absence en Europe, un moment chargé d’émotion pour les fans de longue date.

Puis je me plonge dans la leçon de technique et de virtuosité des légendes Steve Vai et Joe Satriani, qui communient sur scène dans une lumière sublime de début de soirée. Un duel technique et mélodique de haute volée.



C’est avec Vola que je poursuis la soirée, pour qui la scène Altar s’est considérablement densifiée. Soit mes souvenirs me jouent des tours, soit les Danois ont fait beaucoup évoluer leur jeu, mais c’est à une performance de metal progressif précise et viscérale que j’assiste. Une setlist soignée, une richesse rythmique et un sens de la mélodie indéniables marquent ce moment de qualité.

Vola apporte une touche de fraîcheur technique avec un prog moderne, ciselé et atmosphérique.



C’est un peu étourdie que je me dirige à l’extérieur, dans la foule impressionnante massée pour assister au show de Scorpions. L’espace des Mainstages est comme sous hypnose. J’assiste notamment à un solo de batterie mémorable, porté par un talent évident, dans une mise en scène parfaitement rodée, enchaînant les hymnes comme Wind Of Change et Rock You Like A Hurricane. Une superbe performance.


Mes pas me mènent ensuite en Valley, pour assister au concert, dans une pénombre mystérieuse, de Russian Circles, toujours aussi captivant. Une audience absorbée, visiblement pointue, attentive aux finesses des compositions du groupe de Chicago.

Mais mon petit plaisir personnel me mène en Warzone pour finir cette journée avec Turnstile. Un démarrage crescendo, qui décolle vraiment au bout de trois titres.

Brendan Yates et ses comparses retournent la scène avec leur énergie pure, et le public s’en donne à cœur joie en réponse, entre slams, moshpits et pogos furieux. Une “bagarre” générale libératrice avant d’aller rejoindre Morphée.



Dimanche

Le jour final de cette édition restera gravé comme une journée marathon, oscillant entre nostalgie du nu metal, déferlantes hardcore et émotion palpable avec le retour de Linkin Park.

Sous un soleil de plomb alternant avec quelques nuages salvateurs, le public a vécu un bouquet final éclectique et électrique.

C’est avec Novelists, qui avait illuminé la tournée du Hellfest Warm-Up, que commence mon dimanche. Les Français ouvrent le bal avec une aisance déconcertante, notamment grâce à la chanteuse Camille Contreras, qui rayonne autant qu’elle décoiffe par sa puissance. Un décor de scène qualitatif accompagne ce metalcore progressif avec une aura impressionnante. Une entrée en matière technique et très positive.



J’enchaîne avec Une Misère. Venus d’Islande, ils plongent l’Altar dans un gouffre de noirceur. Leur mélange de hardcore et de death metal atmosphérique happe les esprits.

C’est en Valley que la suite de mon épopée se poursuit, avec le duo Prayers. Leafar Seyer (alias Rafael Reyes) et Dave Parley ont donné naissance à un mouvement culturel et musical singulier : le Cholo Goth. Entre rythmes électro sombres et attitude post-punk, ils hypnotisent une foule un peu abasourdie avec une performance visuelle intéressante, même si, musicalement, je reste plus réservée.

Retour à une expression plus classique avec Dead Poet Society en Mainstage, proposant un rock alternatif moderne et accrocheur, aux accents indie, qui capte l’attention d’une audience de plus en plus dense.

Je suis contente de revoir Unto Others, découvert en tournée avec Behemoth, Carcass et Arch Enemy. Un gothic metal à son paroxysme. La voix de Gabriel Franco résonne sous la Temple, offrant une parenthèse envoûtante.

Le chaos s’installe avec Lorna Shore, probablement l’une des plus grosses claques techniques de la journée. Will Ramos impressionne toujours autant par ses capacités vocales hors normes, et l’ensemble du groupe livre un spectacle de haut vol, appuyé par des effets pyrotechniques et des riffs massifs.

Le final sur la trilogie Pain Remains met la foule en transe. Et moi donc.



La suite n’est pas moins marquante avec Shaârghot en Temple. Une marée humaine se masse devant la scène, témoignant de la popularité du groupe français et de son univers industriel chaotique. Ambiance post-apocalyptique, énergie punk teintée d’électro : de l’émergence dans la fumée aux explosions rythmiques, le groupe retourne littéralement Clisson. Un moment d’anthologie.




Difficile de se remettre de ce moment, si bien que je rate Fleshgod Apocalypse. J’en profite pour grignoter rapidement quelque chose en assistant de loin au set de Priest en Temple.

Je me place ensuite pour Cypress Hill. La touche hip-hop horrorcore de cette édition fonctionne parfaitement sur la foule éclectique massée devant la Mainstage, notamment avec Insane In The Brain, preuve que le flow a toute sa place au Hellfest.

Mais je file rapidement voir Walls Of Jericho en Warzone. Candace Kucsulain reste une figure incontournable du genre et dégage une énergie brute qui pousse les festivaliers dans leurs retranchements à travers slams et pogos intenses.



C’est en traînant un peu les pieds que je retourne en Mainstage pour Falling In Reverse. Ronnie Radke, fidèle à lui-même, livre un show très centré sur sa personne, avec un ego assumé. Son mélange de rap, metalcore et effets pyrotechniques galvanise néanmoins une bonne partie du public, notamment sur Watch The World Burn.



Le moment tant attendu arrive enfin. Pour leur deuxième passage historique au festival, Linkin Park, porté par sa nouvelle chanteuse Emily Armstrong, qui succède au regretté Chester Bennington, délivre un set chargé d’émotion.

Entre les classiques In The End, Numb et de nouveaux morceaux, la communion avec le public marque une nouvelle page pour le groupe. Emily Armstrong s’impose avec finesse, sans chercher à imiter son prédécesseur. Linkin Park clôture ainsi cette édition sur une note de renaissance.

Mais c’est en Warzone que je choisis de terminer mon expérience avec Knocked Loose. D’une violence énergétique impressionnante, le hardcore du groupe américain déclenche d’ultimes moshpits massifs dans un nuage de poussière, laissant un goût à la fois euphorique et nostalgique.



Une journée riche en contrastes qui prouve une nouvelle fois que le Hellfest sait marier l’extrême et le populaire avec brio.

L’organisation reste efficace, avec des améliorations notables des infrastructures et une couverture réseau renforcée qui ont facilité l’expérience.

Mais au-delà de tout cela, ce sont encore et toujours des heures de musique live, de vibrations partagées et d’esprit de communion qui restent au cœur de ce rendez-vous incontournable.

À très vite.

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