« Metallica, c’est avant tout James et Lars » : pour Jason Newsted, l’histoire du groupe s’est toujours écrite à deux

(Mis à jour le ) à 17h06
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« Metallica, c’est avant tout James et Lars » : pour Jason Newsted, l’histoire du groupe s’est toujours écrite à deux © Marko Zamrznuti tonovi & Ben Houdijk / Shutterstock.com

Jason Newsted estime que, derrière le mythe Metallica, le moteur créatif du groupe a toujours tenu à un tandem bien précis : James Hetfield et Lars Ulrich. Dans une récente interview accordée à Eddie Trunk, l’ancien bassiste décrit les deux fondateurs comme le véritable noyau dur de Metallica, celui autour duquel les autres musiciens seraient venus apporter leur couleur, leur relief et leur personnalité.

Une lecture forcément intrigante, tant Metallica s’est construit dans l’imaginaire collectif comme une entité à quatre têtes. Mais pour Newsted, qui a occupé le poste de bassiste de 1986 à 2001, la mécanique profonde du groupe repose d’abord sur cette alchimie entre un guitariste/chanteur et un batteur capables, à deux, de bâtir des albums entiers.

Pour Jason Newsted, Metallica a toujours été porté par Hetfield et Ulrich

Dans un entretien avec Eddie Trunk, Jason Newsted explique que, malgré les stades, les ventes gigantesques et le statut quasi institutionnel acquis par Metallica, le cœur du processus créatif serait resté étonnamment artisanal.

L’ancien bassiste décrit une méthode presque primitive dans sa simplicité : James Hetfield et Lars Ulrich enfermés dans une petite pièce, entourés d’une batterie, d’amplis Marshall et d’un Tascam huit pistes, en train de donner forme à des morceaux destinés à marquer l’histoire du metal. « Ils s’enfermaient dans une petite pièce avec une batterie, quelques amplis Marshall et un Tascam huit pistes pour composer des albums qui ont changé le monde. À deux, simplement. »

Pour Newsted, ce fonctionnement n’a rien d’un détail anecdotique. Il résume au contraire ce qui, selon lui, fait l’identité profonde de Metallica : un dialogue direct entre le riff de Hetfield et la batterie d’Ulrich, avant même l’intervention des autres instruments. Dans cette logique, le groupe n’est pas seulement une addition de personnalités, mais une architecture construite autour d’un axe central.

Il pousse d’ailleurs l’idée jusqu’à une formule volontairement provocatrice : « Bien avant les Black Keys, les White Stripes ou les autres formations sans bassiste, il y avait déjà James Hetfield et Lars Ulrich. Cliff Burton, Kirk Hammett et moi n’avons fait qu’apporter notre touche à ce duo. »

…And Justice For All, symbole extrême de cette vision

Cette lecture prend une résonance particulière lorsqu’elle croise le cas de …And Justice For All. Sorti en 1988, l’album reste l’un des sommets les plus techniques et les plus sombres de Metallica, mais aussi l’un de ses disques les plus commentés en raison de la basse presque absente du mix final.

Newsted, pourtant directement concerné par cette controverse, semble aujourd’hui replacer ce disque dans une perspective plus large. À ses yeux, l’album incarnerait presque jusqu’à la caricature cette dynamique centrée sur la guitare et la batterie : « Pour moi, …And Justice For All est le plus grand album jamais porté par un duo guitare-batterie. »

La formule peut surprendre, surtout venant du musicien dont la basse a longtemps été au cœur des débats autour du disque. Elle prolonge pourtant ses récentes déclarations sur le sujet : Newsted expliquait récemment pourquoi il refusait l’idée d’un remix de l’album, estimant que cette singularité sonore faisait désormais partie de son identité. À ce sujet, lire aussi : « Non. C’est comme ça » : Jason Newsted refuse tout remix de …And Justice For All.

Une vision qui fait écho aux propos de Lars Ulrich

Ce qui rend les propos de Newsted d’autant plus intéressants, c’est qu’ils rejoignent en partie la manière dont Lars Ulrich lui-même a déjà décrit son travail avec James Hetfield. Le batteur a souvent insisté sur la nature très ouverte de leur collaboration, loin d’une séparation classique entre le rôle du guitariste et celui du batteur.

Dans une précédente intervention relayée sur la chaîne YouTube de Metallica, Ulrich expliquait que les deux musiciens avaient très tôt appris à composer sans défendre chacun leur territoire. « Très tôt, nous avons appris à laisser nos ego de côté quand nous composions. Ce n’était jamais : “Je suis le batteur, ça c’est mon domaine”, ou “Lui est le guitariste, ça c’est le sien”. »

Cette façon de travailler explique sans doute une partie de la longévité de Metallica. Depuis sa formation en 1981, le groupe a changé de bassistes, traversé des drames, des tensions internes, des virages stylistiques et des périodes de remise en question, mais le binôme Hetfield-Ulrich est resté au centre du réacteur.

Plus de quarante ans après ses débuts, Metallica continue d’ailleurs de fonctionner autour de cette colonne vertébrale, tout en remplissant des stades sur la tournée mondiale M72. Le groupe vient encore de signer un nouveau record d’affluence à Bologne, où plus de 47 000 spectateurs se sont réunis pour une seule soirée, comme le rappelait récemment notre article consacré à cette nouvelle étape européenne.

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