On parle souvent des riffs qui ont marqué l’histoire du rock et du metal. Ceux qui font immédiatement lever un poing dans les airs ou qui déclenchent un mouvement de foule dès les premières notes. Pourtant, avant même que la guitare n’entre en scène, certains batteurs ont eu le bon goût de voler la vedette à tout le monde.
Quelques coups de caisse claire, un roulement bien placé ou une démonstration de puissance suffisent parfois à rendre une chanson instantanément reconnaissable. Au point que certaines intros de batterie sont devenues aussi célèbres que les morceaux qu’elles introduisent. Voici dix exemples particulièrement marquants, sans ordre particulier.
Iron Maiden – Run to the Hills (1982)
Avant même l’arrivée du galop caractéristique d’Iron Maiden, Clive Burr impose un rythme effréné qui donne l’impression que le morceau est déjà lancé à pleine vitesse. Cette entrée en matière contribue énormément à l’urgence qui traverse Run to the Hills. Quarante ans plus tard, l’effet reste intact : quelques secondes suffisent pour reconnaître l’un des hymnes absolus de la NWOBHM.
Rainbow – Stargazer (1976)
Si une introduction devait illustrer à elle seule la notion de grandiose, ce serait probablement celle-ci. Cozy Powell ne lance pas simplement un morceau : il ouvre les portes d’une véritable épopée. Lorsque les guitares finissent par arriver, l’auditeur est déjà embarqué dans l’univers monumental imaginé par Rainbow. Pas étonnant que Stargazer soit encore cité aujourd’hui comme une influence majeure du power metal et du metal symphonique.
Van Halen – Hot for Teacher (1984)
Il existe des intros techniques. Et puis il y a Hot for Teacher. Alex Van Halen transforme sa batterie en moteur lancé à plein régime grâce à un jeu de double grosse caisse devenu légendaire. Le plus impressionnant reste peut-être que cette démonstration de virtuosité ne sonne jamais gratuite : elle participe pleinement à l’énergie débridée du morceau.
Led Zeppelin – Rock and Roll (1971)
John Bonham n’avait pas besoin d’en faire beaucoup pour marquer les esprits. Son introduction sur Rock and Roll fait partie de ces moments que tout amateur de musique identifie instantanément. L’exploit est d’autant plus remarquable que le morceau repose sur une structure extrêmement simple. Ici, tout est une question de groove, de frappe et d’attitude.
Machine Head – Davidian (1994)
Dès les premières secondes, Chris Kontos frappe fort avec une introduction tribale et martiale devenue emblématique du groove metal. Avant même que le riff dévastateur n’entre en scène, la batterie installe une tension presque militaire qui annonce parfaitement la violence contrôlée de Davidian. Une entrée en matière qui reste aujourd’hui l’une des plus reconnaissables du metal des années 1990.
Deftones – My Own Summer (Shove It) (1997)
Abe Cunningham n’a jamais eu besoin d’en faire trop pour marquer les esprits. Sur My Own Summer (Shove It), sa batterie installe immédiatement cette atmosphère lourde et menaçante qui caractérise le morceau. Chaque frappe semble créer davantage de tension avant l’arrivée du riff monumental qui fera de cette chanson un classique absolu du metal alternatif.
Tool – Ticks & Leeches (2001)
Lorsqu’il est question d’intros de batterie impressionnantes, Danny Carey mérite forcément sa place. Dès les premières secondes de Ticks & Leeches, il déploie une démonstration de précision, de puissance et de créativité rythmique qui capte immédiatement l’attention. Une entrée fracassante qui donne le ton à l’un des morceaux les plus agressifs du répertoire de Tool.
Judas Priest – Painkiller (1990)
Impossible de parler d’intros de batterie légendaires sans évoquer Scott Travis sur Painkiller. Son déluge de double grosse caisse est devenu l’une des ouvertures les plus célèbres de toute l’histoire du heavy metal. En quelques secondes seulement, le batteur redéfinit les standards de puissance et de vitesse du genre. Une véritable déclaration de guerre sonore.
Aerosmith – Walk This Way (1975)
Le riff de Joe Perry attire souvent toute l’attention, mais il serait injuste d’oublier le travail rythmique qui le précède. Avant que la guitare n’entre dans la danse, la batterie pose un groove irrésistible qui donne au morceau une bonne partie de son identité. Une recette tellement efficace qu’elle survivra à toutes les époques et trouvera même une seconde vie avec Run-D.M.C. une décennie plus tard.
Rush – YYZ (1981)
S’il existe un morceau capable de résumer à lui seul le génie de Neil Peart, YYZ figure tout en haut de la liste. Son introduction repose sur un jeu de batterie d’une précision remarquable, mêlant technicité et musicalité avec une aisance déconcertante. Bien plus qu’une simple démonstration, cette ouverture est devenue une référence incontournable pour des générations de batteurs.
Quand quelques coups de baguettes suffisent
Les grandes intros de batterie ont quelque chose de fascinant : elles parviennent à installer une ambiance, une tension ou une énergie avant même que le morceau ne commence réellement. Dans certains cas, elles sont même devenues plus célèbres que les riffs qu’elles précèdent. Qu’il s’agisse de la puissance de Cozy Powell, de la précision de Clive Burr, du génie technique de Neil Peart ou de l’assaut sonore de Scott Travis sur Painkiller, ces dix chansons rappellent qu’un grand batteur peut parfois voler la vedette à toute l’équipe dès les premières secondes.