Slipknot : À l’intérieur de Iowa, l’album qui a déchiré la scène Metal

à 16 h 49 min
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Slipknot : À l'intérieur de Iowa, l'album qui a déchiré la scène Metal
© Roadunner Records

Louder vient de publier un long article sur l’album Iowa de Slipknot. Découvrez quelques informations concernant ce dernier ci-dessous !

Personne ne s’attendait à ce que Slipknot fasse un album à succès. Ni à ce qu’ils restent ensemble assez longtemps pour faire un deuxième album. On s’attendait généralement à ce que le groupe se désintègre sous l’effet corrosif de sa propre angoisse, douleur, fureur et amertume pure. Cependant, le premier album éponyme de 1999 a tout chamboulé, non seulement parce qu’il s’est vendu en grande quantité, mais aussi parce qu’il a attiré l’attention des médias sur le groupe. Depuis l’arrivée de Guns N’ Roses à la fin des années 1980, aucun groupe véritablement dysfonctionnel n’avait capté l’attention des médias de cette manière. Ce n’était pas une image, c’était une guerre contre le monde, contre l’ignorance et l’indifférence.

Mais comment assurer la suite d’un tel phénomène sans céder aux pressions du compromis ou de la répétition ? Facile, si vous êtes Slipknot. Vous refusez d’écouter qui que ce soit et vous suivez votre propre chemin, ce qui s’est produit lorsque le groupe a retrouvé le producteur Ross Robinson le 17 janvier 2001 et a commencé à travailler sur Iowa aux studios Sound City et Sound Image à Los Angeles.

Le chanteur Corey Taylor a expliqué leur philosophie :

Si nous réussissons, nous le faisons selon nos conditions. Contrairement à la croyance populaire, nous ne gagnons pas beaucoup d’argent en faisant cela. Avec un groupe aussi grand que celui-ci, en termes de taille (9 membres), ce n’est pas comme un trio qui écrit un bon single pop et qui devient automatiquement millionnaire. Il se passe tellement de choses dans le groupe qu’on ne gagne pas beaucoup d’argent. Nous gagnons assez pour vivre évidemment, mais nous ne gagnons pas plus que des groupes de la moitié de notre taille.

Le fait que les relations au sein du groupe étaient déjà au point d’ébullition, voire au-delà, a été d’un grand secours. Le percussionniste Shawn Crahan a admis :

Quand nous avons fait Iowa, nous nous détestions. Nous haïssions le monde, et le monde nous détestait.

Peut-être que le monde ne détestait pas vraiment Slipknot, mais il y avait un sentiment de méfiance autour d’un groupe de neuf hommes constamment au bord de la désintégration mentale. Ils étaient comme un volcan prêt à entrer en éruption et à envoyer des vagues d’une intensité dystopique.

D’autre part, il y a eu une première sur cet album. Le guitariste Jim Root n’avait rejoint le groupe que vers la fin des sessions d’enregistrement pour le premier album éponyme, remplaçant Josh Brainard, qui avait démissionné parce qu’il n’était pas satisfait de certaines décisions prises. Ce que vous entendez sur l’album Slipknot est principalement dû au prédécesseur de M. Root (en fait, la seule chanson sur laquelle Brainard n’apparaît pas est Purity). À partie de ce moment là, M. Root a enfin eu la chance de s’impliquer pleinement. À ce sujet, il a déclaré en 2001 :

C’était à la fois excitant et effrayant de faire partie de cet énorme processus.

M. Robinson s’est efforcé de capter non seulement l’énergie et l’esprit du groupe, mais aussi ses prouesses techniques. Si le premier album avait pour but de refléter la haine et l’incandescence pure de Slipknot envers le monde et sa cruauté, celui-ci avait pour objectif de renforcer ces travers, rendant ce que le groupe avait à offrir encore plus vicieux et visqueux.

Au moment de la sortie de Iowa, M. Robinson a commenté sur trois des membres du groupe qui étaient apparemment devenus la partie la plus importante de Slipknot. C’était pour le moins instructif.

Sur Corey Taylor :

Il aime les femmes. Il va bientôt se marier. Il est tombé amoureux et a une vie géniale grâce au groupe. Corey était un enfant assez torturé et son père n’était jamais là. Il a beaucoup donné aux auditeurs.

Sur Joey Jordison :

Joey est un pur génie à tous égards. C’est l’une des personnes les plus intelligentes que j’ai jamais rencontrées, et il peut tout jouer. Lui et Paul (Gray, basse) ont presque tout écrit musicalement sur le nouvel album. J’ai énormément de respect pour lui.

Sur Shawn Crahan :

Shawn est plein de pensées psychotiques. C’est comme s’il avait le monde sur ses épaules. Il a l’impression de devoir prendre soin du monde, peut-être parce qu’il ne prend pas soin de lui-même. Mais il apprendra à se détendre. Le groupe est devenu si énorme d’un seul coup, ça fait beaucoup à digérer. Il semble un peu étrange, mais son cœur est pur et beau.

Le producteur a eu la capacité de faire ressortir la véritable passion et le talent de Slipknot, en gardant ainsi sa rage pure, tout en accentuant le fait qu’il ne s’agissait pas d’une simple divagation incohérente, mais d’une force constante déterminée à exposer l’hypocrisie de la société qui détestait et craignait le groupe.

Le monde du Metal semblait s’identifier à ce que Slipknot essayait de réaliser et de promouvoir. Iowa a été en tête des charts britanniques, tout en se hissant à la troisième place aux États-Unis, où il s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires. Corey Taylor a déclaré avec fierté :

C’est probablement l’album le plus lourd qui ait jamais atteint le Top 3 aux États-Unis. Cela veut dire quelque chose.

Soulignant la sincérité du groupe, il a ajouté :

C’était juste nous, et ça a toujours été juste nous.

Slipknot a même été nominé aux Grammy Awards pour les chansons Left Behind (en 2002) et My Plague (en 2003). L’establishment les embrassait, même s’ils ne modéraient guère leur style. Corey Taylor a admis :

Il y avait beaucoup de rage pure et inexploitée sur ce disque. C’était brutal. On dévorait tout ce qui nous entourait. Ce qui est bien avec Slipknot, c’est que nous sommes devenus une ressource pour les jeunes comme nous – notre musique leur permet de se consoler. Ils peuvent dire que nous savons exactement ce qu’ils ressentent – que, parfois, la réalité peut être un sérieux coup de pied à l’entrejambe.

Slipknot – Left Behind :

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