Pour John 5, le mot “génie” est galvaudé dans le monde de la guitare. Le musicien de Mötley Crüe estime que très peu d’artistes ont réellement changé l’histoire de l’instrument — et cite immédiatement Jimi Hendrix et Eddie Van Halen.
Dans une interview accordée à Rock Antenne, le guitariste revient aussi sur son rapport presque obsessionnel au travail : lorsqu’un passage lui résiste, il peut s’acharner dessus pendant des semaines, parfois des mois, jusqu’à le maîtriser totalement.
“On balance le mot ‘génie’ à tout-va” : John 5 place Hendrix et Van Halen dans une autre catégorie
Interrogé sur la possibilité d’être encore un véritable “guitar hero” aujourd’hui, John 5 a rapidement recentré la discussion sur les rares musiciens qui, selon lui, ont véritablement changé la guitare.
Le guitariste confie : “Tout dépend de l’artiste. C’est ça, le vrai sujet. Quand on parle de Jimi Hendrix ou d’Eddie Van Halen, on parle de véritables génies. Aujourd’hui, le mot est utilisé pour n’importe qui… alors que ces mecs-là ont révolutionné la guitare.”
Avec Eddie Van Halen, la virtuosité moderne et le tapping ont explosé dans le hard rock des années 1980. Quant à Jimi Hendrix, son travail sur le son, les effets et l’improvisation continue d’influencer des générations entières de guitaristes.
Cette admiration pour Van Halen ne date pas d’hier. En 2025, John 5 expliquait déjà qu’Eddie Van Halen lui avait “mis une claque monumentale”, au point de bouleverser complètement sa manière d’aborder l’instrument.
Malgré ce respect immense pour les figures historiques de la guitare, John 5 reste profondément attaché à son propre univers musical : “C’est ce que j’aime faire. Ça vient sincèrement du cœur. Je fais des trucs assez barrés à la guitare, et les gens accrochent vraiment. Moi, ça me rend heureux.”
Une obsession du travail presque maladive
“Je bosse dessus jusqu’à ce que ça rentre”
Face à des guitaristes qu’il considère quasiment intouchables, John 5 explique avoir développé une discipline de travail particulièrement extrême.
Lorsqu’on lui demande s’il existe des morceaux qu’il n’arrive tout simplement pas à jouer, sa réponse résume parfaitement son état d’esprit : “J’ai un côté un peu obsessionnel : dès qu’il y a un truc que je n’arrive pas à jouer, je peux bosser dessus encore et encore — parfois pendant des mois — jusqu’à ce que ça rentre.”
Le guitariste compare cette mentalité à celle des alpinistes incapables de renoncer : “C’est comme les gens qui escaladent des montagnes. Ils essayent, ils se plantent, ils recommencent… encore et encore. Moi, c’est pareil avec certains morceaux.”
Cette exigence le suit depuis le début de sa carrière. À l’époque de Marilyn Manson, John 5 racontait déjà qu’il apprenait non seulement ses parties de guitare, mais aussi les lignes de basse, les claviers et certaines mélodies avant même les répétitions.
Pourquoi la musique instrumentale reste son plus gros défi
Malgré sa polyvalence — du metal industriel de Rob Zombie au hard rock de Mötley Crüe, en passant par la country, le bluegrass et ses albums solo instrumentaux —, John 5 considère toujours la musique instrumentale comme l’exercice le plus difficile.
Dans une ancienne interview accordée à Guitar Nine, il expliquait pourquoi ce format lui demande autant d’efforts : “C’est beaucoup plus compliqué. Pendant trois ou quatre minutes, il faut tenir le morceau uniquement avec la guitare, sans tourner en rond. Il faut sans arrêt trouver de nouvelles idées, garder l’énergie, garder l’attention.”
Selon lui, les morceaux instrumentaux offrent beaucoup moins de respiration qu’une chanson chantée : “Quand il y a un chanteur, la guitare peut parfois lever le pied. En instrumental, il faut être à fond tout le temps.”
Ces dernières semaines, John 5 s’est également retrouvé au cœur de plusieurs discussions autour de la scène rock actuelle. Le musicien a notamment défendu l’authenticité des concerts de Mötley Crüe face aux accusations de playback, tout en poursuivant ses nombreux projets parallèles.
Chez John 5, l’admiration pour Hendrix ou Van Halen ne relève pas d’une simple nostalgie. Elle nourrit surtout une obsession intacte : continuer à travailler jusqu’à rendre l’impossible naturel.