Faire discuter les fans avec une version numérique d’Ozzy Osbourne : simple hommage technologique ou premier pas vers une exploitation posthume sans limites ? Alors que l’avatar IA du Prince of Darkness continue d’alimenter les débats, Justin Hawkins estime que l’idée peut être divertissante… à condition de ne pas franchir certaines lignes rouges.
Le chanteur de The Darkness ne voit aucun problème à permettre aux admirateurs d’interagir avec une version virtuelle de la légende de Black Sabbath. En revanche, l’idée de voir un artiste disparu continuer à générer des revenus via des publicités ou des apparitions commerciales le laisse nettement plus sceptique.
Pour Justin Hawkins, l’IA d’Ozzy peut être “un peu de fun” pour les fans
Dans une récente vidéo publiée sur sa chaîne YouTube Justin Hawkins Rides Again, le frontman de The Darkness s’est exprimé sur l’avatar IA développé par la famille Osbourne avec Hyperreal et Proto Hologram.
L’objectif est désormais connu : recréer numériquement Ozzy Osbourne afin qu’il puisse converser avec les fans, répondre à leurs questions et réagir d’une manière censée refléter sa personnalité.
Pour Hawkins, le concept n’a rien de choquant en soi : “Je pense qu’une IA interactive d’Ozzy est quelque chose d’amusant pour les fans. Franchement, je n’y vois aucun problème.”
À ses yeux, pouvoir échanger avec cet avatar ou immortaliser l’expérience par une photo relève davantage de l’hommage interactif que de la controverse. Une façon, en quelque sorte, de prolonger le lien entre une icône disparue et son public.
Quand l’hommage commence à ressembler à du business
“Continuer à monétiser l’existence d’Ozzy”
Là où le musicien britannique devient plus réservé, c’est lorsque l’avatar quitte le terrain du divertissement pour entrer sur celui du commerce.
Selon lui, certains passages de la communication entourant le projet laissaient entendre que cette version numérique pourrait un jour être utilisée dans des campagnes publicitaires ou d’autres opérations lucratives.
“Ce qui m’a semblé un peu plus cynique, c’est lorsqu’il a été évoqué que cet avatar pourrait être utilisé dans des publicités. Là, on utilise les mécanismes prédictifs de l’IA pour continuer à monétiser l’existence d’Ozzy.”
Une réflexion qui dépasse la simple question technologique. Hawkins estime qu’à force d’être exposées au fil des décennies, certaines stars finissent presque par devenir des personnages plus grands que nature, voire des caricatures d’elles-mêmes.
“À un certain stade de leur carrière, les artistes deviennent presque une caricature d’eux-mêmes. Dans ce cas précis, la personne n’est plus là, et seule cette caricature subsiste. C’est un peu fantomatique, parce que l’IA va créer une sorte d’écho d’Ozzy.”
Le terme est révélateur : davantage qu’une résurrection, Hawkins y voit une forme d’écho numérique, une présence artificielle qui reproduit certains traits de l’artiste sans jamais pouvoir remplacer l’humain qui les incarnait.
Une question qui concernera bientôt toute l’industrie musicale ?
Pour le chanteur de The Darkness, Ozzy Osbourne n’est probablement que le début d’un phénomène appelé à se généraliser. D’autres légendes pourraient suivre le même chemin dans les années à venir.
Il évoque notamment Freddie Mercury, tout en laissant entendre que de nombreuses figures majeures du rock pourraient un jour bénéficier du même traitement numérique.
Mais là encore, Hawkins fixe une limite claire : “S’il devient normal de voir l’avatar d’une rock star disparue apparaître dans un film contre rémunération, là oui, c’est franchement abusé.”
Derrière cette remarque se cache une interrogation de plus en plus présente dans l’industrie du divertissement : à partir de quel moment un hommage technologique cesse-t-il d’être un hommage pour devenir une exploitation commerciale ?
Un projet qui continue de diviser les fans d’Ozzy
Les déclarations de Justin Hawkins viennent alimenter un débat déjà particulièrement animé depuis l’annonce du projet. Comme l’expliquait récemment Jack Osbourne, la famille considère cette initiative comme une manière de prolonger l’héritage du chanteur, allant jusqu’à affirmer qu’Ozzy lui-même aurait probablement adoré l’idée.
Sharon Osbourne défend elle aussi cette vision. Selon elle, l’intelligence artificielle ne se contentera pas de réciter des phrases préenregistrées : elle sera capable de répondre aux questions des fans avec la voix, les expressions et les traits de personnalité du chanteur, grâce à ce qu’elle décrit comme son “ADN numérique”. Les contours du projet avaient été dévoilés lors du Licensing Expo de Las Vegas, où la famille avait présenté cette future incarnation virtuelle d’Ozzy Osbourne.
Le sujet reste d’autant plus sensible que l’héritage du Prince of Darkness demeure omniprésent dans l’actualité rock et metal. Quelques jours avant cette nouvelle prise de parole, Ozzy faisait encore l’objet d’un hommage officiel au Congrès américain, preuve que son influence continue de dépasser largement le cadre du heavy metal pour s’inscrire dans l’histoire de la culture populaire.