Lorsqu’il est question de riffs et de guitares rythmiques, Dave Mustaine sait exactement de quoi il parle. Dans un nouvel épisode de la série Icons With Dave Mustaine publié par Gibson TV, le leader de Megadeth a désigné Malcolm Young comme le meilleur guitariste rythmique qu’il ait jamais rencontré, plaçant le cofondateur d’AC/DC au sommet d’un panthéon personnel qui comprend également plusieurs figures majeures de la NWOBHM.
Une déclaration loin d’être anodine de la part d’un musicien qui, depuis plusieurs mois, multiplie les réflexions sur les artistes ayant façonné sa vision du heavy metal. Entre hommage à Malcolm Young, admiration renouvelée pour James Hetfield et reconnaissance de la dette du thrash metal envers Diamond Head, Mustaine dessine en filigrane sa propre histoire du riff.
Pour Dave Mustaine, Malcolm Young reste la référence absolue
Dans un récent épisode d’Icons With Dave Mustaine, le frontman de Megadeth s’est penché sur les guitaristes rythmiques qui ont le plus influencé son approche de la musique lourde.
Et lorsqu’il s’agit de désigner le meilleur d’entre eux, Mustaine ne semble éprouver aucun doute. Pour lui, Malcolm Young occupe une catégorie à part. Le guitariste d’AC/DC surclasse même plusieurs figures emblématiques de la New Wave Of British Heavy Metal, pourtant essentielles à la naissance du thrash metal.
Mustaine cite notamment Brian Tatler de Diamond Head ainsi que les guitaristes de Judas Priest et d’Iron Maiden parmi ses références majeures. Mais selon lui, Malcolm Young possédait quelque chose de rare : cette capacité à porter tout le poids d’un groupe à travers ses riffs, son sens du groove et une précision rythmique devenue légendaire.
La “trinité” du riff metal selon Mustaine
Malcolm Young, James Hetfield… et Dave Mustaine
L’entretien prend une tournure encore plus intéressante lorsque Mustaine évoque ce qu’il considère comme la véritable “trinité” des guitaristes rythmiques du metal. Sa sélection : Malcolm Young, James Hetfield et lui-même.
Une affirmation qui pourrait sembler audacieuse, mais qui reflète surtout sa conception du rôle de guitariste rythmique. À ses yeux, ces trois musiciens partagent une qualité essentielle : ils ne se contentent pas d’accompagner les morceaux, ils définissent l’identité sonore de leur groupe.
Pour Mustaine, le riff reste le cœur battant du heavy metal. Une conviction qu’il exprime régulièrement depuis plusieurs mois et qui explique son admiration persistante pour les architectes du genre, davantage que pour les virtuoses du solo.
Diamond Head et la culture du riff britannique
Dans ce contexte, la présence de Brian Tatler parmi ses favoris n’a rien de surprenant. Ces dernières semaines, Mustaine a d’ailleurs multiplié les déclarations sur l’influence déterminante de Diamond Head dans l’émergence du thrash metal.
Selon lui, la scène britannique du début des années 1980 possédait une approche très particulière de l’écriture : les morceaux étaient construits autour des riffs avant tout. Une philosophie qui a profondément marqué les premiers Metallica, mais aussi l’écriture de Megadeth.
Plus qu’une simple admiration pour quelques guitaristes, ces nouvelles déclarations témoignent donc de l’attachement de Mustaine à toute une école de composition qui continue de guider son regard sur le metal moderne.
Des compliments qui s’inscrivent dans son rapprochement avec Metallica
La présence de James Hetfield dans cette “trinité” intervient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs mois, Mustaine multiplie les déclarations apaisées à l’égard de son ancien groupe, loin des tensions qui ont longtemps alimenté l’histoire commune de Megadeth et Metallica.
Plus tôt cette année, il expliquait encore que lui et Hetfield formaient “une très bonne équipe” durant les premières années de Metallica, notamment lors de l’écriture de Ride The Lightning.
Invité récemment du podcast brésilien Ibagenscast, Mustaine est également revenu sur la reprise du classique de Metallica enregistrée par Megadeth pour son dernier album studio. Une démarche qu’il présente davantage comme un hommage que comme une réappropriation.
“J’ai toujours pensé que James était un excellent guitariste. Quand nous avons commencé à travailler sur cette chanson, nous nous sommes dit qu’il fallait la jouer aussi bien, voire mieux que l’originale. Nous l’avons accélérée un peu, rendue plus nerveuse et nous avons retravaillé certains passages du solo.”
Le musicien y voit aussi une manière de refermer définitivement un chapitre de sa carrière : “C’est une façon de boucler la boucle et de montrer mon respect envers le groupe dont j’ai été l’un des membres fondateurs. Qu’on m’aime ou qu’on me déteste, personne ne pourra jamais m’effacer de cette histoire.”
Pourquoi Malcolm Young continue de fasciner les guitaristes metal
Le choix de Malcolm Young rappelle à quel point l’influence d’AC/DC dépasse largement les frontières du hard rock. Bien avant l’explosion du thrash metal, les riffs du guitariste australien ont servi de modèle à d’innombrables musiciens attirés par leur efficacité redoutable et leur sens du groove.
Cette admiration rejoint d’ailleurs plusieurs témoignages récents consacrés à la mentalité qui a forgé la légende d’AC/DC, une philosophie dans laquelle Malcolm Young occupait une place centrale, aussi bien sur scène qu’en studio.
Des décennies après avoir contribué à définir le son du rock australien, le guitariste continue donc d’apparaître comme une référence incontournable pour certains des plus grands noms du metal. Et lorsqu’un musicien aussi exigeant que Dave Mustaine le place tout en haut de la hiérarchie, difficile d’imaginer hommage plus éloquent.