Devin Townsend a beau être l’une des figures les plus imprévisibles du metal progressif, certains de ses choix continuent de surprendre. Dans une interview accordée à Appetite for Distortion, le musicien canadien a révélé trois albums de la fin des années 80 qui ont profondément marqué son parcours : Nothing’s Shocking de Jane’s Addiction, Gretchen Goes To Nebraska de King’s X et Watermark d’Enya.
Jane’s Addiction ? Logique. King’s X ? Pas vraiment étonnant non plus. Mais Enya, dans la bouche d’un artiste associé au metal progressif, au chaos industriel et aux grandes fresques orchestrales, voilà qui donne tout de suite un peu plus de relief à la réponse.
“Ça a changé ma vie”
Townsend explique que Jane’s Addiction a été le groupe qui l’a vraiment percuté à l’époque, même si ce choix divisait ses amis.
“Le groupe qui m’a vraiment retourné, c’était aussi un groupe qui divisait mes amis : Jane’s Addiction. C’était celui-là, pour moi. Quand Nothing’s Shocking est sorti, ça a tout changé.”
Mais le musicien ne s’arrête pas là. Il place dans le même mouvement King’s X et Enya, deux noms que l’on ne s’attend pas forcément à voir côte à côte, mais qui résument assez bien son rapport très libre à la musique.
“Entre Nothing’s Shocking, Gretchen Goes To Nebraska de King’s X, et Enya, évidemment… Je disais aux gens : ‘Mon Dieu, ça a changé ma vie.’ Et eux me répondaient : ‘Watermark, d’Enya ?’ Vous voyez ce que je veux dire ?”
Pourquoi Enya n’est finalement pas si surprenante
Sur le papier, le nom d’Enya peut faire sourire. Pourtant, il colle très bien à l’univers de Townsend. Depuis ses débuts, le Canadien n’a jamais opposé la puissance et la douceur, le metal et l’ambient, l’excès et la contemplation. Sa discographie fonctionne justement sur ces contrastes, jusqu’au récent et monumental The Moth.
Jane’s Addiction lui apporte le chaos et la tension. King’s X, la sensibilité progressive et la profondeur mélodique. Enya, les textures, l’espace, cette beauté sombre et flottante que l’on retrouve régulièrement dans ses morceaux les plus atmosphériques.
Townsend résume d’ailleurs très simplement sa vision des influences : “Nous sommes attirés par les choses qui résonnent en nous.”
Une phrase qui explique peut-être mieux que n’importe quelle analyse pourquoi sa musique peut passer d’une violence écrasante à une lumière presque fragile, sans jamais donner l’impression de tricher.
Et pour les auditeurs qui découvrent seulement l’univers foisonnant de Townsend, il existe heureusement plusieurs portes d’entrée. Nous avons récemment sélectionné les albums les plus recommandés pour débuter avec Devin Townsend, selon les sensibilités de chacun.