Le réalisateur du documentaire Di’Anno: Iron Maiden’s Lost Singer révèle qu’Iron Maiden avait initialement refusé de participer au film consacré à son premier chanteur, Paul Di’Anno. Une décision vécue comme “une énorme claque” par Wes Orshoski, qui a pourtant passé six années à documenter les derniers combats physiques et psychologiques de l’ancienne voix des débuts du groupe britannique.
Décédé en 2024 après de longues années de souffrance et de problèmes de santé, Di’Anno demeure l’une des figures les plus marquantes — et les plus tragiques — de l’histoire du heavy metal. Attendu en salles début juin, le documentaire dépeint un homme à la fois drôle, imprévisible, usé par la douleur et profondément humain.
“Une énorme claque” : Iron Maiden ne voulait pas participer au documentaire
Dans un entretien accordé à Billboard, Wes Orshoski explique avoir contacté le management d’Iron Maiden dès les premières étapes du projet. La réponse est tombée immédiatement : “La première chose que j’ai faite après avoir signé avec Cleopatra, ça a été d’appeler le management d’Iron Maiden. Rod Smallwood a été très cordial, mais il m’a tout de suite expliqué que ni lui ni les membres actuels du groupe ne prendraient part au film.”
Le réalisateur poursuit : “Forcément, ça a été une énorme claque… même si, au fond, je m’y attendais un peu.”
Malgré ce refus initial, Di’Anno: Iron Maiden’s Lost Singer inclut finalement des apparitions de Steve Harris ainsi que d’autres figures liées à l’univers Maiden. James Hetfield de Metallica, Gene Simmons de Kiss, mais aussi des membres d’Exodus, Slayer, Megadeth, Overkill et Sepultura figurent également au casting.
Paul Di’Anno a incarné la voix d’Iron Maiden entre 1978 et 1981, apparaissant sur les albums Iron Maiden et Killers. Son chant abrasif, son énergie punk et son tempérament explosif ont largement contribué à forger l’identité des débuts du groupe avant son remplacement par Bruce Dickinson.
Le documentaire montre un Paul Di’Anno brisé, entre douleur et colère
Wes Orshoski a filmé Paul Di’Anno entre 2017 et 2023, durant une période marquée par des problèmes de santé extrêmes, une mobilité réduite et une profonde fragilité psychologique.
Le réalisateur décrit un homme capable de passer d’un extrême à l’autre en quelques secondes : “Paul pouvait être un mec absolument adorable… et l’instant d’après devenir un vrai démon. J’ai essayé de montrer ces deux facettes dans le film.”
Il ajoute : “Quand il était dans un bon jour, il était hilarant, sans ego, vraiment génial à côtoyer. Mais quand son côté sombre reprenait le dessus, ça pouvait devenir très dur pour tous ceux qui se trouvaient autour de lui.”
Le film explore les dernières années de Paul Di’Anno, marquées par la maladie, les tensions et une tentative désespérée de reprendre le contrôle de sa vie. Cloué dans un fauteuil roulant pendant près d’une décennie, l’ancien chanteur essayait malgré tout de relancer sa carrière et de retrouver un semblant de stabilité.
Orshoski confie : “Il faut imaginer ce que ça représente mentalement : être coincé dans un fauteuil roulant pendant presque dix ans, essayer de recoller les morceaux de sa vie… tout ça avec une caméra braquée sur soi en permanence.”
Cette période particulièrement éprouvante avait déjà été évoquée dans le livre 666 Days With The Beast, consacré aux dernières années du chanteur en Croatie, entre traitements médicaux intensifs et retour progressif sur scène.
Wes Orshoski : “Avec le recul, il avait complètement raison”
Le réalisateur affirme également que cette expérience l’a profondément marqué sur le plan humain. Il raconte notamment une altercation particulièrement tendue avec Di’Anno dans un centre de soins en Croatie : “On s’est vraiment pris la tête devant la caméra, à se hurler dessus. Quelques années plus tard, en revoyant les images avec un autre regard, j’ai réalisé qu’il avait complètement raison sur tout ce qu’il me reprochait.”
Orshoski explique avoir ensuite appelé le chanteur pour lui présenter ses excuses. Mais fidèle à son tempérament imprévisible, Di’Anno semblait déjà être passé à autre chose : “Il était au Mexique à ce moment-là, et franchement, il n’en avait rien à faire. Ce qui l’occupait surtout, c’était de choisir quels tacos il allait commander pour le déjeuner.”
Un nouvel hommage à une figure essentielle du heavy metal
Le documentaire sortira dans plusieurs cinémas britanniques avant une première nord-américaine prévue au Lumiere Music Hall de Beverly Hills le 9 juin 2026. Une séance de questions-réponses avec Wes Orshoski suivra la projection.
Le long-métrage retrace notamment la manière dont deux fans d’Iron Maiden ont tenté d’aider Di’Anno à retrouver une stabilité physique et artistique durant les dernières années de sa vie.
Cette sortie s’ajoute aux nombreux hommages rendus au chanteur depuis sa disparition, notamment la sortie prochaine d’un ultime album live enregistré peu avant sa mort ainsi que plusieurs concerts hommage réunissant d’anciens membres d’Iron Maiden.
Paul Di’Anno est décédé le 21 octobre 2024 à l’âge de 66 ans. Malgré une santé déclinante et des années marquées par la douleur, il avait continué à monter sur scène jusqu’aux derniers mois de sa vie, laissant derrière lui l’héritage brut et viscéral d’une des voix fondatrices de la New Wave Of British Heavy Metal.