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Slipknot : De #0 à #8

Slipknot est un groupe de Neo Metal, fondé en 1995 à Des Moines, en Iowa, aux États-Unis d’Amérique. Dès son premier opus et avec l’appui de ses performances scéniques dantesques, la formation contribue largement à l’essor du genre, Neo Metal, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, aux côtés de groupes tels que Korn, Deftones ou Linkin Park. Avec des riffs puissants, des paroles enragées et antisociales, des percussions déchaînées, des lignes de basse bien lourdes et la création d’un univers, la légion des neuf masqués, le groupe assure des représentations efficaces ! Oubliez les solos de guitare et les mélodies lancinantes, prenez une base de Metal Alternatif et incorporez-y une grosse dose d’influences en tout genre, Hip-Hop, Grunge en passant par la musique électronique et le Metal Industriel, voire le Thrash Metal et bien d’autres encore, le tout au service d’une fosse ruisselante d’hémoglobines et de la violence pure : Slipknot !

L’émergence du Neo Metal et de la légion des neuf

Le groupe est fondé par Paul Gray à la basse et Shawn Crahan aux percussions en 1995, rejoint progressivement par Joey Jordison à la batterie, Craig Jones aux samples et au clavier, Mick Thomson à la guitare, Corey Taylor au chant, Sid Wilson aux platines, Chris Fehn aux percussions, et enfin James Root à la guitare. C’est bien cette formation qui imposera la légende au fil des années malgré quelques changements et tâtonnements durant les premières années d’existence principalement.

Après quelques années d’activité, performances scéniques et plusieurs démos le groupe est repéré par Ross Robinson qui leur propose de produire leur premier album, et Slipknot signe donc chez Roadrunner Records en 1997. Ross Robinson est alors une pointure de la production musicale ayant déjà à son actif plusieurs productions telles que W.A.S.P. – The Crimson Idol, Korn – Korn, Korn – Life is Preacy, Sepultura – Roots ou encore Limp Bizkit – Three dollar bill, y’all.

Leur premier opus éponyme, Slipknot, sort en 1999 et c’est un succès immédiat, une violence déferlante sur la scène Métal. Voilà donc la légion des neuf, vêtus de combinaison de travail et de masques d’Halloween dans la pure veine de Michael Myers, déployant un Neo Metal simple et efficace ! À l’appui de titres tels que Wait and Bleed, Spit it Out, Surfacing ou encore Eyeless, le groupe conquière les ondes radio et participe à l’Ozzfest de la même année à travers les États-Unis et le Canada, enchaînant sur une tournée, la World Domination Tour, qui dura une année avec 131 dates à travers l’Amérique du Nord et l’Europe, jusqu’aux confins du Japon et de l’Australie.

Ils sont bien peu nombreux les groupes pouvant se vanter d’une telle efficacité dès leur premier album sachant qu’une année après sa sortie, en 2000, le disque est certifié platine aux États-Unis.

Slipknot

En 2001, le groupe nous gratifie de son deuxième album, Iowa, et c’est véritablement la clef de voûte de leur discographie, du Slipknot à l’état brut et considéré comme l’opus le plus abouti jusqu’à nos jours [2021]. Après une introduction d’une soixantaine de secondes de sons saturés et de cris d’agonies… People = Shit, le premier titre impose l’âme de l’album ! Les singles, The Heretic Anthem, Left Behind et My Plague deviendront des classiques, le mythique Disasterpiece une pépite et l’album arrive alors à se hisser à la troisième place du US Billboard et à la première du UK album charts ! L’influence Hip-Hop s’allège légèrement par rapport à Slipknot (1999) et laisse plus de place à des influences Death Metal et Hardcore, abordant les thèmes de la violence, la maladie psychiatrique, le rejet social ou encore de la misanthropie. Shawn Crahan a déclaré :

Quand nous avons écrit Iowa, nous nous détestions mutuellement. Nous détestions le monde, et le monde nous détestait.

S’ensuivent plusieurs tournées planétaires en collaboration avec plusieurs groupes dont System of a Down, Rammstein, Mudvayne ou encore Marilyn Manson et bien d’autres ; la légion des neuf a acquis son statut d’incontournable du Neo Metal et de la scène Metal plus généralement !

Le succès fulgurant des premières années, les tournées effrénées à travers le monde et les longues sessions d’enregistrements ont éreinté le groupe et provoqué l’apparition des premières dissensions en son sein. Ainsi Slipknot se trouve obligé de faire une pause, permettant à chacun de ses membres de prendre du recul, autant qu’il est possible lorsqu’on est devenu une “rock star”, et de se consacrer à des projets parallèles personnels.

C’est en 2004 que Vol.3 : the Subliminal Verses sort et atteint directement la deuxième position du US Billboard 200, clôturant la première trilogie de la discographie qui est le fondement du phénomène Slipknot avec plus de 5 millions d’albums écoulés aux États-Unis. L’album est certifié de platine dans cinq pays et d’or dans trois autres et réussi à atteindre le top 10 des charts de quinze pays ; il est acclamé par la critique et par les fans bien qu’une partie de ces derniers déplore un certain assouplissement du genre.

Ce troisième opus a offert pas moins de six singles, Duality, Vermilion, Vermilion, Pt. 2, Before I Forget, The Nameless et The Blister Exists, toujours agrémenté du pur ADN Slipknot ! Cependant avec une légère évolution, en faisant place aux guitares acoustiques sur certains titres, une technique vocale plus mélodieuse et la présence plus restreinte d’insultes dans l’écriture des paroles.

Les tournées qui suivent sont encore une fois un immense succès aux côtés de Korn, Fear Factory, Judas Priest, Slayer, Lamb of God ou encore en première partie de Metallica, avec pas moins de 238 dates entre janvier 2004 et novembre 2005. À cette occasion Slipknot se produit pour la première fois en Amérique Latine accompagné de As I Lay Dying !

Lors de la cérémonie des Grammy Award de 2006, Slipknot est lauréat de la meilleure prestation Metal avec Before I Forget au détriment de Rammstein, Mudvayne ou encore Ministry.

Comme entre les deux albums précédents, la formation s’octroie une nouvelle pause et la plupart des membres travaillent de leur côté sur d’autres projets musicaux.

La faucheuse, le précipice et la résurrection de la légion

C’est en 2008 que Slipknot reprend du service avec All Hope Is Gone, toujours les mêmes thèmes abordés en paroles mais une musique qui diverge du Neo Metal originel pour s’inspirer un peu plus du Death Metal et du Thrash Metal ! Encore une fois il s’agit d’un démarrage explosif, dès sa sortie l’album se classe en première position du US Billboard 200, enchaîne les certifications et finit dans le top 3 des charts de seize pays. Le succès est toujours au rendez-vous, la recette ne s’essouffle pas, bien que l’évolution de Slipknot vers un Metal plus traditionnel marque un changement tout en assurant la pérennité de la formation sur le long terme.

Après une énième succession de tournées et une nouvelle pause durant laquelle Paul Gray devait assurer la tournée du groupe Hail!, il est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel le 24 mai 2010. L’autopsie conclura à une overdose de morphine et fentanyl, et des traces de xanax auraient été retrouvées dans son sang. Hormis la tragédie que de perdre l’un des membres fondateurs de la légion des neuf et un ami, Slipknot est au bord du précipice. Effectivement les tensions sont exacerbées au sein de la formation et certains ne voient pas de futur possible sans Paul Gray. Ainsi lors des performances scéniques que le groupe devait assurer, dixit le nanogramme en fond de scène et à la place trône le chiffre 2 ; Donnie Steel qui assurait l’intérim à la basse était placé derrière la batterie et invisible aux yeux du public alors que la combinaison, le masque et la basse de Paul Gray se trouvaient à sa place!

Cette phase d’incertitudes et de turbulences aboutit au départ de l’emblématique batteur, Joey Jordison, en 2014 qui sera remplacé par Jay Weinberg, et Alessandro Venturella sera finalement le bassiste qui reprendra le flambeau de Paul Gray cette même année. Les deux derniers arrivés ont de grandes difficultés à s’intégrer à la formation, leurs identités devant rester secrètes et n’étant pas considérés comme des membres de la légion des neuf à part entière.

C’est dans ce contexte que Slipknot nous gratifie de son cinquième album studio, .5 : The Gray Chapter ! Un chef-d’œuvre en hommage à leur partenaire disparu, Slipknot réussit l’exploit de combiner ses origines sauvages Neo Metal avec une part belle de Metal plus construit et mélodique. Le succès critique et commercial est indéniable, assuré par un ensemble cohérent et des titres puissants et toujours efficaces. Ainsi ce qui aurait dû mettre fin à Slipknot, a permis à la légion des neuf, après quelques changements imposés, de se renouveler et de perdurer en tant que mastodonte du Metal !

Slipknot
© Chelsea Lauren/Getty Images

Après une nouvelle période creuse de plusieurs années, le groupe sort en 2019 We Are Not Your Kind qui conclut la seconde trilogie de la discographie, en incorporant tous les éléments du désormais ADN de Slipknot, en passant par les influences Hip-Hop et l’électro-industriel, au Rock Progressif et au Stoner Metal entre autres. Un savant mélange d’influences diverses qui ont mûri au fil des années et des tragédies mais toujours au service d’une violence insurrectionnelle ! Cet opus est celui qui s’aventure le plus sur des terrains musicaux jusqu’alors inexplorés. C’est effectivement redondant, mais We Are Not Your Kind connaît un succès critique et commercial, impressionnant de par sa qualité de production, sa créativité et sa constante efficacité, se classant dans le top 3 des charts de vingt-trois pays.

Slipknot offre un univers qui s’appuie sur son identité visuelle unique et une constante quête enragée de liberté qui se retrouve dans leur musique ainsi que dans leurs performances scéniques qui sont une ode à la brutalité ! Le groupe a connu une notoriété explosive et une pluie de critiques tout du long de sa carrière concernant ses faiblesses techniques, son exaltation de la violence qui aurait poussé certains à commettre des crimes ou encore son approche trop mercantile du Metal…

It’s the cunt with the tongue. Who belongs on broken knees.

Les anecdotes sur Slipknot